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On parle de film
en audiovision lorsque les images sont décrites par des moyens
acoustiques pour les rendre accessibles aux aveugles et handicapés
visuels. Dans les fictions comme dans les documentaires, des commentaires
concis sont introduits entre les dialogues pour décrire aussi bien
le contenu des images que le déroulement de l'action. Le but de
l'audiovision est de permettre aux aveugles et mal-voyants de suivre facilement
un film sans être tributaire des explications d'une tierce personne.
Selon les fédérations d'aveugles et de mal-voyants, il existe en Allemagne quelque 650 000 aveugles et mal-voyants alors qu'ils seraient environ 1 million en France. C'est à ce groupe de personnes que s'adresse l'audiovision. S'y ajoute nombre de personnes âgées qui ne sont pas répertoriées sur les listes des handicapés visuels. Pour estimer ce potentiel de téléspectateurs, il faut aussi tenir compte des membres voyants de l'entourage des personnes handicapées visuelles. La version audiovision d'un film est fabriquée par des " traducteurs d'image ". En règle générale, la fabrication d'un " film en audiovision " se fait en équipe. En Allemagne, une équipe de traducteurs d'image est composée de deux voyants et d'un aveugle. En France, l'audiovision est fabriquée par deux voyants et testée ensuite par des aveugles. Actuellement, les
audiovisions sont diffusés vers l'Allemagne en son bicanal. En
France, c'est la technologie NICAM qui permettra
également une diffusion bicanal. L'équipement
requis pour la version audiovision est un recepteur NICAM ou un magnétoscope
NICAM. Le téléspectateur pourra choisir d'écouter
le premier canal, c'est à dire la version française, ou
le deuxième canal, c'est à dire la version originale d'un
film ou encore la version "audiovision". Cette méthode
suppose que la bande-son du film soit enregistrée en monophonie,
la stéréophonie nécessitant deux canaux. L'introduction
progressive du numérique permettra à l'avenir une diffusion
multicanaux, simultanée, de toutes les pistes audio. Depuis 1998, ARTE
a réalisé environ une production audiovision par mois en
langue allemande. La diffusion d'une première version audiovision
française est prévue le 1er mai 2000 à l'occasion
de la diffusion du film "Marius et Jeanette". L'Association Valentin Haüy (AVH) produit des films en audiovision depuis 1989. Ces films sont projetés en salle à l'aide d'une unité mobile et sont commercialisés sous format VHS. Occasionnellement, la technique d'audiodescription est également utilisée dans les théâtres en France, avec un commentaire en direct, l'auditoire dans la salle étant équipé d'écouteurs infrarouge. Pourtant, à ce jour, la télévision française n'a diffusé qu'un seul pilote en audiodescription. En 1995, La Cinquième a diffusé un programme en audiovision destiné au public de la région parisienne équipé d'un récepteur NICAM. L'extension hésitante du procédé NICAM n'a pas permis jusqu'ici aux chaînes françaises de diffuser des films sur tout le territoire en son bi-canal. Les aveugles et mal-voyants sont consommateurs de produits culturels au même titre que les voyants, mais leur handicap constitue souvent un obstacle considérable. Une enquête réalisée par la Fédération bavaroise des Aveugles a montré que 97,3% des personnes aveugles interrogées possèdent un téléviseur. 81,1% suivent régulièrement les programmes télévisés. Les aveugles n'ont-ils pas une préférence pour les pièces radiophoniques ? La réponse à cette question est souvent négative. Cela s'explique par la composante sociale de la télévision. La plupart des aveugles vivent et travaillent avec des voyants. Ils souhaitent pouvoir s'entretenir avec eux des programmes diffusés à la télévision. En proposant des films en audiovision, ARTE s'adresse à une nouvelle cible constituée, d'une part, de non- et de mal-voyants et, de l'autre, de leur entourage et de leur famille qui, sans l'audiovision, n'auraient peut-être pas été rendus attentifs à notre Chaîne. Retour | |