Vendredi 16 février > 23.45

 

 

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1936 - 1h36mn – N&B

Fiche technique

Réalisation Fritz Lang
Scénario Fritz Lang, Bartlett Cormack
d’après le récit „Mob Rule“ de Norman Krasna
Images Joseph Ruttenberg
Décors Cedric Gibbons, William A. Horning
Son Douglas Shearer
Montage Franck Sullivan
Direction artistique Cedric Gibbons, William A. Horning
Musique Frantz Waxman
Production Joseph L. Mankiewicz, Louis B. Mayer, M.G.M.

 

Fiche artistique

Spencer Tracy Joe Wilson
Sylvia Sidney Katherine Grant
Bruce Cabbot Kirby Dawson
Walter Brennan “Bruggs” Meyers
Walter Abel le procureur
Edward Ellis le shérif
George Walcott Tom
Frank Albertston Charlie
Arthur Stone Duskin
Morgan Wallace Fred Garret
George Chandler Milton Jackson
Edwin Maxwell Vickery
Howard Hickman le gouverneur
Jonathan Hale l’avocat
Leila Bennet Edna Hooper
Esther Dale Mrs. Whipple
Helene Flint Franchette

 

Synopsis

Trois gangsters, aidés par une femme, ont kidnappé une petite fille dans la ville de Strand. Joe Wilson arrive à Chicago pour se marier avec Catherine Grant dans la petite ville. Trouvé en possession de cacahuètes et de certaines billets de la rançon, les autorités arrêtent Wilson (des traces de cacahuètes avaient été trouvées sur les lettres des ravisseurs). Joe a beau proclamer son innocence, on l’emprisonne. La population, excitée par des têtes brûlées, s’apprête à le lyncher. Les autorités sont incapables de la retenir. Echappé par miracle et aigri, Joe ne vient plus que pour se venger. Finalement, sa fiancée lui touche le cœur, et il renonce à la vengeance…

 

A propos du film

Au moment de la réalisation de Furie, premier film américain de Lang, un constat accablant bouleverse l’Amérique progressiste : durant les 49 dernières années, les lynchages on fait 6 010 victimes, pendues ou brûlées. Un lynchage tous les trois jours. Sur les milliers de gens qui composaient ces foules d’assassins, seuls 765 suspects sont passés devant les tribunaux. Lang reprend ces chiffres lors des magistrales séquences du procès. Après une première partie très violente (la description précise des mécanismes qui entraînent une foule à lyncher un innocent), la tension monte encore d’un cran dans l’atmosphère policée du tribunal. Un suspense d’une rare intensité, place le spectateur devant un cas de conscience. Car Furie offre l’un des plus étonnants retournement de l’histoire du cinéma : Joe passe de l’état de victime à celui de bourreau. De sympathique et paisible Américain moyen, il se mue en justicier impitoyable. Le thème de la vengeance sert une fois de plus chez Lang de révélateur et de catalyseur. Grand film d’action et de suspense (qu’aurait très bien pu filmer Hitchcock, fasciné lui aussi par le thème du faux coupable), Furie n’en demeure pas moins une charge politique : la foule déchaînée est menée certes par la bêtise, mais aussi, et de manière plus inquiétante, par les sinistres briseurs de grèves qui hantent l’Amérique de la grande dépression. Ce sont les hommes politiques qui empêchent l’armée de venir régler l’ordre dans la petite ville gagnée par la folie meurtrière : ils sont en période électorale et cela ferait mauvais effet. La première leçon de Lang sur le sol américain fut elle aussi politique avant même d’être esthétique : les producteurs l’engagèrent à changer le métier du personnage interprété par Spencer Tracy. Lang voulait qu’il soit avocat, la MGM lui imposa un héros ordinaire sans statut particulier. Alors qu’en Allemagne, sous l’influence de l’armée et de Nietzsche, le héros est toujours un surhomme, aux États Unis, pays démocratique, c’est bien souvent un homme du peuple. Lang appliquera cette leçon sans se dégager jamais de sa germanité. D’ailleurs, si les films allemands de Lang avaient déjà une dimension hollywoodienne (Métropolis), ses films américains, eux, porteront toujours une marque expressionniste.

 


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