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JOUR
9 : 17.05.2001
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Toute
l'actualité
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Interview
David Lynch |
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It:
P. Bachmann / O. Bombarda
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Extrait
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MULHOLLAND DRIVE
Festival International du Film de Cannes 2001
Sélection Officielle : Compétition
Réalisation & scénario : David Lynch
Interprètes : Laura Elena Harring, Naomi Watts, Justin
Theroux...
Producteur : Alain Sarde
Musique : Angelo Badalamenti
Synopsis
Deux
femmes se rencontrent à Los Angeles. Betty la blonde
veut devenir actrice et est hébergée chez sa tante dans
une superbe villa. Rita victime d'un accident perte
subitement la mémoire. Perdue elle trouve asile chez
Betty qui l'aide à retrouver les traces de son passé…
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MULHOLLAND DRIVE
Festival International du Film de Cannes 2001
Sélection Officielle : Compétition
Réalisation & scénario : David Lynch
Interprètes : Laura Elena Harring, Naomi Watts, Justin
Theroux...
Producteur : Alain Sarde
Musique : Angelo Badalamenti
Mulholland Drive de David Lynch est un film singulier
dans la carrière du réalisateur américain. Le projet
était destiné à l'origine pour la télévision se présentant
un peu comme le petit frère de Twin Peaks, chef-d'œuvre
aujourd'hui encore inégalé dans le domaine des séries
pour le petit écran. Ce n'est qu'à l'abandon du pilote
par la télévision américaine que le producteur émérite
Alain Sarde conclut avec Lynch l'idée de construire
un film pour le cinéma.
Mulholland
Drive se décrit aisément en deux parties radicalement
opposées. La première moitié est composée d'un squelette
fourmillant de personnages (bientôt abandonnés pour
la plupart) dont deux rôles féminins autour desquels
tout s'organise. Naomi Watts (Betty) la blonde candide,
arrivée à Los Angeles pour faire carrière dans le cinéma,
et Laura Elena Harring, la mystérieuse brune amnésique.
Au départ le ton est donné, humour et sophistication
des personnages dans un monde proche du cliché (le cinéma),
quelques virgules d'étrangeté saupoudrées ici et là
comme l'ébauche d'un mystère en attente et bien plus
grand encore, l'ensemble étant soutenu par les habituelles
volutes synthétiques de Badalamenti. Pas dépaysé, l'amateur
de Lynch notera tout de même l'appréciation du temps
particulièrement relâchée dans l'ensemble des plans,
la même que le cinéaste affectionna dans une Histoire
Simple. Point de départ du dérèglement, une accélération
rythmique et scénaristique libère soudainement l'espace
mythologique lynchien : le rideau rouge, le nain (pas
vraiment nain cette fois-ci), le cow-boy ordonnateur
à l'image du géant dans Twin Peaks, les masques
de vieillards inquiétants, une boîte et sa fameuse
clé bleue. Tout le fatras de Lynch inexplicable et inexpliqué
est au rendez-vous jusqu'à la perte de repères complets.
Dans une deuxième partie en effet et comme dans Lost
Highway et comme chez Buñuel, les personnages en
deviennent d'autres, l'histoire se perd dans un tourbillon
de faux-semblants perturbants, et ce, jusqu'au dernier
mot " silence ". Cinéaste du rêve et de l'obsession
Lynch fait ainsi de Mulholland Drive un patchwork
de ses dernières expériences cinématographiques, montrant
pas à pas les articulations de son processus de déconstructions
ici parfaitement maîtrisé. Mais même s'il fait montre
d'une sensualité plutôt inédite dans la rencontre intime
entre les deux jeunes femmes, le spectateur parce qu'il
attend beaucoup de lui restera un peu sur sa faim. On
attend d'ores et déjà impatiemment le prochain Lynch.
Olivier Bombarda
Apparemment
indemne, Rita, mystérieuse beauté brune, sort péniblement
d'une Cadillac en bouillie. Elle a perdu la mémoire,
et ignore que l'accident qui vient de coûter la vie
aux deux tueurs lancés à sa poursuite lui a sauvé la
vie. Complètement désemparée, elle descend la Mulholland
Drive, cette légendaire route en lacets qui surplombe
Beverly Hills pour aller se perdre dans l'océan des
lumières de Los Angeles. Loin de mettre en avant le
côté "glamour" de la métropole californienne, David
Lynch la transforme devant nos yeux en un monstre de
cauchemar. Tout comme il se plaisait à mettre au jour
les tréfonds de la cupidité et de la folie humaine dans
"Blue Velvet" ou "Twin Peaks", ce cinéaste du
Montana porte son regard sur les aspects sombres et
fangeux de cette "usine de rêve" qu'est Hollywood. Betty,
jeune et candide comédienne, a quitté sa province pour
venir elle aussi réaliser son rêve de faire carrière
dans le cinéma. Elle vient ainsi à rencontrer Rita,
et l'aide à dénouer l'écheveau des souvenirs enfuis.
De la solidarité entre deux femmes va bientôt naître
une obsession amoureuse. Peu à peu, Lynch fait sombrer
ce couple au plus profond de l'univers glauque qui sépare
la réalité du rêve, où elles vont peu à peu se perdre.
Ses personnages ne savent jamais quelle épouvante les
attend au détour du chemin. Comme dans "Lost Highway",
Lynch a tôt fait de tourner le dos aux conventions linéaires
du cinéma narratif américain. "Mullholland Drive"
est une méditation éminemment sombre sur la réalité
et la recherche d'identité, pimentée par un langage
visuel visionnaire et un univers sonore très personnel.
Lynch fait graviter autour des deux femmes des histoires
et des personnages énigmatiques. Tirant les ficelles
en coulisse, des agents et patrons de studio poussent
un cinéaste à congédier l'actrice principale pour une
autre. Son refus de coopérer l'entraîne dans une série
d'étranges péripéties. Ainsi, un homme chargé de l'épouvanter
sous les traits d'un spectre de cauchemar trouve lui-même
la mort. On est en présence d'un puzzle inextricable
de personnages, de symboles et de circonstances étranges,
d'un chaos qui tient du système. Au départ, "Mulholland
Drive" devait être une série télévisée pour la chaîne
ABC. Les producteurs américains ayant refusé le pilote
qu'ils trouvaient mauvais, le film a été en partie refait
pour le cinéma avec des fonds français. Lynch a pu ainsi
boucler son film, mais certaines scènes semblent avoir
été tournées pour "l'amour de l'art", leur perfection
artistique faisant miroiter un sens profond qui demeure
inexistant. Il n'est pas sûr que l'ensemble du public
suive Lynch dans son univers morbide.
Martin
Rosefeldt
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The
Pledge
Compétition officielle
de Sean Penn
Avec Jack Nicholson, Helen Mirren,
Vanessa Redgrave, Benicio del Toro...
Synopsis
The
Pledge Homme solitaire et amateur de pêche à la ligne,
l'inspecteur Jerry Black (Jack Nicholson) s'apprête
à partir à la retraite et à quitter son poste
au commissariat d'un petit bourg du Nevada. Le meurtre
atroce d'une petite fille le conduit à résilier ses
plans, auxquels il ne voulait de toute manière pas s'accoutumer.
L'enquête qui suit, qu'il estime erronée, et la promesse
qu'il a tenue aux parents de la petite fille de retrouver
celui qu'il pense être le véritable auteur du crime
l'amène à enquêter seul et à chercher inlassablement,
même au cœur de sa nouvelle vie de vieil homme retiré.
Sean Penn est sélectionné à Cannes avec ce film, vieux
de six mois (il a été distribué aux USA au tout début
de l'année 2001, dans une relative indifférence), déjà
pressenti pour le festival de Berlin en février dernier,
et que les sélectionneurs cannois ont récupéré aux prix
d'efforts que l'on pense conséquents. On les imagine
trop heureux de faire venir sur la Croisette le bad
boy mûri du cinéma américain et le charismatique Jack
Nicholson. Mais voilà, hasard ou conséquence, Nicholson
est en tournage en Alaska et n'a pas fait le déplacement
et Sean Penn, tout grand acteur qu'il soit, n'a jamais
été un cinéaste, ni grand ni très acharné (deux films
avant celui-là : le naïf et sincère The Indian Runner
en 1990 et le très maniéré The Crossing Guard
en 1995). Son dernier film, polar hivernal adapté de
La Promesse de Friedrich Dürrenmatt, est le résultat
d'une démarche inchangée. On retrouve cette naïveté
prompte à créer des moments qui permettent à la narration
d'avancer malgré le caractère de cette histoire, propice
à la fiction mais néanmoins convenue (un homme calque
son existence sur une recherche chimérique). On y retrouve
aussi cette emphase délibérée, où le tableau d'un Nevada,
écrasé soit de neige soit de soleil, donne systématiquement
lieu à la surcharge : trop de plans, trop d'effets visuels,
trop de néons, ce qui paraît vraiment pesant face à
une histoire de recueillement et d'obsession intérieure,
face à un rythme très reptilien (deux heures très posées)
et face à un Jack Nicholson tenant d'un inhabituel "
underplaying ". Enfin, comme dans The Crossing Guard
et l'intimiste The Indian Runner (eux aussi saturés
de néons et de climats " springsteeniens "), on constate
un résultat qui, pour intriguant qu'il est au départ,
n'est pas vraiment de taille à créer l'événement.
Julien Welter
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| Extrait |
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Va
savoir
De Jacques Rivette
Avec Jeanne Balibar, Sergio Castellitto, Marianne Basler
France
Compétition
Synopsis
Camille (Jeanne Balibar), jeune comédienne, revient
à Paris après trois ans d'absence pour y jouer (en italien)
une pièce de Pirandello mise en scène par son époux,
Ugo. Autour de ce couple vont se nouer un certain nombre
d'intrigues, sentimentales et autres.
Peut-être
miné par le tiède accueil réservé à Secret Défense,
belle œuvre sombre et théorique, Rivette revient avec
Va savoir à une veine plus légère, dans un esprit proche
de Haut bas fragile, les numéros musicaux en moins (ouf
!). Comme souvent chez Rivette, le théâtre est au centre
du récit, servant, selon les propos mêmes du cinéaste,
" de cadre et de révélateur " aux élans de ses personnages.
Libres et élégants, les héros de Va savoir sont tous
confrontés à une crise de leur couple qui les pousse
à voguer vers d'autres horizons, sans larmes ni emportements
excessifs, mais avec une grande finesse romanesque.
Les classiques complots rivettiens se muent ici en jeux
(voire en joutes) amoureux, où l'on cherche à se perdre
pour mieux se retrouver. L'auteur de La Belle noiseuse
filme ces mouvements du cœur avec une virtuosité sans
faille, retrouvant la fluidité de ses meilleurs opus.
Pétri d'intelligence, drôle et ludique, Va savoir est
un divertimento parfaitement orchestré, un marivaudage
surprenant où les multiples épisodes secondaires (la
quête d'un manuscrit perdu de Goldoni, le recel d'une
bague de grande valeur) nourrissent un superbe regard
sur l'acteur et sur sa propension à faire de sa vie
une pièce de théâtre permanente. Les acteurs concourent
à la réussite de l'ensemble, chacun excellant dans des
registres qui vont de la douceur lumineuse (Hélène de
Fougerolles, excellente) à l'impétuosité revendicative
(Jacques Bonnaffé). Et si Jeanne Balibar et Sergio Castellitto
font preuve une nouvelle fois de leur immense talent,
on appréciera tout particulièrement la présence de Marianne
Basler, comédienne davantage habituée aux planches à
qui Rivette a eu le bon goût de confier un rôle tout
en grâce et dérobements. Rien que pour ce beau retour
au cinéma, Va savoir s'impose comme l'un des films les
plus réjouissants de la compétition cannoise.
Yann Gonzalez
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TOMORROW
Réalisation : Francesca Archibugi
avec Marco Baliano, Ornella Muti
Patrizia Piccinini, Valerlo Mastandrea
Italie 2000
Un tremblement
de terre dévaste une petite ville italienne. Une situation
d'exception qui ramène les habitants aux grandes questions
que se posait Marcello Mastroianni dans "8 ½" de Fellini :
qui es-tu, qui aimes-tu ?
Une bourgade
italienne ravagée par un tremblement de terre. Des centaines
de personnes se retrouvent sans toit, ne pouvant même pas
aller inspecter l'état de leur maison tant les risques d'effondrement
sont importants. Le séisme extérieur et la situation entièrement
nouvelle en résultant vont très vite engendrer un séisme intérieur
chez beaucoup de gens, qui commencent à se questionner sur
des thèmes existentiels qu'ils avaient toujours ou depuis
longtemps ignorés.
Avec
un grand savoir-faire, la cinéaste mêle plusieurs destins
d'habitants sinistrés en les montrant sous des perspectives
différentes. Stefania Zerenghi (Ornella Muti), obligée de
partager sa caravane avec des gens qu'elle ne connaît pas,
résume ainsi la situation : "Les choses sont bien plus difficiles
au-dedans - dans la caravane - qu'au dehors dans les décombres
". Du jour au lendemain, la catastrophe précipite les gens
dans une intimité forcée parfois difficile à supporter, à
l'origine de décharges émotionnelles intenses (par exemple
entre l'enseignante au bec-de-lièvre et un Anglais détaché
sur place dans le cadre d'un programme d'aide) et de poignantes
séparations, comme celle entre deux petites filles qui s'étaient
juré une amité éternelle et qui ne se supportent plus….
Face à
ces catastrophes humaines, plusieurs épisodes cocasses accompagnent
le tourbillon médiatique déclenché par le tremblement de terre
: une chaîne privée envoie sur place un journaliste déguisé
en calamar pour un reportage en direct, et Mattel fait parvenir
1500 poupées Barbie aux enfants sinistrés.
"Tomorrow"
se démarque des films d'horreur habituels qui envahissent
le marché, le plus souvent de grosses productions américaines.
Sa façon sensible et précise d'observer les réactions humaines,
la référence à des sujets d'actualité et la force des caractères
apportent une note rafraîchissante. Qui aime les films de
Ken Loach ne manquera pas d'apprécier ce film.
Nana
A.T. Rebhan
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©
ARTE Multimédia
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