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Dans
la rue
proposera
des rencontres avec ceux qui vivent et ceux qui travaillent dans
la rue. Gens de la rue, anthropologues, médecins, chercheurs, bénévoles.
Nous privilégierons l'approche socio-politique du terrain. Les marges
vers lesquelles les gens de la rue sont poussés sont autant les
marges de la société, que celles de leur propre corps et leur pensée.
Qu'en est-il de la fameuse réinsertion sociale ?
Dans
les prochaines semaines, vous pourrez suivre les entretiens réalisés
avec
Denise Chottard,
membre du DAL.
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| Mohamed
Belhlaoi
Entretien effectué le 22/02/2001 |
| Y
avait un cuisinier qui s'appelait Kader et que moi
j'l'ai aidé au départ, et voilà,
tout c'qui faisait, moi j'regardais et lui il était
pas quelqu'un qui voulait pas m'apprendre
Bon ça a été vite vu. C'était
quand on veut on arrive à apprendre des choses
que si on les aime si elles sont bien. Si c'était
dans un restaurant, peut-être je l'apprendrais
pas
Peut-être je choisirais pas ce
métier, mais, c'est la galère, parfois
on est obligé et on tombe dans des endroits,
comme le nôtre, comme La Chorba et faut faire
à manger pour les autres et voilà.
On apprend et en plus on s'fatigue même pas,
parce que c'est pour les autres qu'on le fait. |
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| Hocine
Elabd Entretien
effectué le 22/02/2001 |
| Parce
qu'y en pas beaucoup qui pensent à l'été,
y s'en vont tous en vacances, on dirait que les
SDF, y partent en vacances. Y z'ont pas de vacances,
y' z'ont pas d'argent déjà. Alors,
encore plus y z'ont pas à manger l'été,
c'est (
) Ca veut dire, chais pas, j'ai déjà
dis ça à quelqu'un d'autre mais ca
veut dire on a peur qui meurent. C'est tout, c'est
pour ça qu'on leur donne à manger
l'hiver, l'Etat a peur que les SDF meurent, c'est
pour ça qu'il leur donne à manger
sinon, l'été bon, y s'en foutent,
y fait chaud, y va pas crever de froid, même
qu'il a faim c'est pas grave. Mais il les laisse
quand même se démerder à leurs
moyens. Et leurs moyens c'est quoi ? C'est casser
les voitures, c'est voler les touristes c'est faire
???? Pour manger et au contraire y pensent pas bien.
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| Jacques
Hassin
Entretien effectué le 22/02/2001 |
Anesthésiste
réanimateur de formation, il consacre sa thèse de
troisième cycle en Ethique médicale à "L'Emergence
de l'approche médico-sociale de la Grande Exclusion".
Depuis 1992, toute son activité est dévolue aux
sans abris. En 1996, il est nommé directeur de l'antenne
médicale du CHAPSA. Jacques Hassin est également
directeur scientifique de l'Observatoire de la Grande
Exclusion. Engagé auprès du SAMU Social de Paris,
il collabore avec Xavier Emmanuelli. |
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| Daniel
Terrolle
Entretien effectué le 1/03/2001 |
Né
en 1949, dans une famille petite bourgeoise provinciale,
catholique mais de gauche, j'ai une formation universitaire
en philosophie puis, je me suis orienté vers l'ethnologie
et l'anthropologie. Depuis ma thèse d'ethnologie
(sur la mémoire d'un quartier de chiffonniers de
Saint Ouen) avec C. Pétonnet, je travaille sur les
SDF depuis 1991 et sur leur mort depuis quatre à
cinq ans.
Enseignant à l'Université Paris 8 depuis 1974 (où
j'ai un réel plaisir à transmettre et à investir
dans la pédagogie), j'y suis maître de conférences
en anthropologie et je suis membre du Laboratoire
d'Anthropologie Urbaine (CNRS/Ivry) depuis sa fondation.
Je réside en province par goût. Marié, père d'une
fille, je pratique la musique avec plaisir (piano
classique, violon traditionnel). Je suis attentif
également à m'engager et à soutenir des actions
conformes à ma formation (Lutte des sans-papiers)
et à mes choix idéologiques qui ne goûtent guère
le " politiquement correct ", le " consensus " et
le " conformisme " qui annoncent, dans le champ
social et culturel, les funérailles du sujet. Athée,
je n'investis aucun espoir dans un monde de l'au-delà,
et me contente d'essayer de comprendre et de rendre
supportable cet ici-bas que je traverse avec mes
contemporains, avec un désespoir qui se voudrait
serein. |
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| Patrick
Gaboriau Entretien effectué le 12/03/2001 |
Patrick
Gaboriau possède une formation pluridisciplinaire
en sciences humaines. Il est docteur en psychologie,
en linguistique, et docteur d'Etat en anthropologie.
Chargé de Recherche au Centre National de
la Recherche Scientifique (CNRS), il dirige des
thèses à l'université de la
Sorbonne, René Descartes-Paris V, et est
membre du Laboratoire d'Anthropologie Urbaine (LAU)
d'Ivry-sur-Seine.
Issu d'un milieu ouvrier de l'ouest de la France,
ses recherches, menées en milieu urbain,
portent sur l'interaction des éléments
sociaux et psychologiques. Il a conduit des études
sur le terrain en France, en Californie, et en Russie.
Avant d'obtenir un poste de chercheur, il a longtemps
travaillé sur contrat. Il a notamment publié
Clochard, l'univers d'un groupe de sans-abri parisiens
(Julliard, 1993), La civilisation du trottoir (Austral,
1995), et SDF à la Belle Epoque (Desclée
de Brouwer, 1998).
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| Carole
Amistani Entretien effectué le 13/03/2001 |
A
31 ans, je suis en fin de doctorat au département
des Sciences de l'Education à l'université Paris
13 (soutenance prévue en début d'été 2001). J'ai
démarré la sociologie à l'université Paris 8 où
je découvre, grâce à quelques enseignants pleins
de passion, la recherche en ethnologie vers laquelle
je m'oriente à partir de la maîtrise. C'est alors
que je participe à une recherche sous contrat financée
par le Plan Urbain sur les SDF dans l'espace public.
Puis j'obtiens mon DEA à l'université Paris 10 en
1994, où je ne suis malheureusement pas encouragée
à rester pour la thèse : mon sujet sur les SDF à
Paris détonne avec les - plus classiques - études
africanistes ou indianistes. Les étudiants qui "
travaillent du fond de leur lit " (dixit le directeur
du département de l'époque, pour désigner ceux qui
s'intéressent aux gens de leur environnement, vivant
à proximité, et parlant la même langue - à quelques
nuances près - autant dire les chercheurs en ethnologie
urbaine ) sont alors pénalisés par le choix de sujets
d'étude jugés indignes d'une ethnologie de renom
!
Après deux années de (remise en) questions, je me
décide à m'inscrire en thèse à Paris 13, qui m'accueille
avec plus d'enthousiasme. Je me tourne plus particulièrement
vers les femmes sans domicile et inscrit mon " terrain
" d'étude dans des lieux d'accueil d'urgence dans
lesquels je fais des rencontres riches d'enseignements
à de multiples égards.
En 1997, je commence à enseigner, dans la même université
et dans des écoles ou centres de formation extérieurs
(Ecole Supérieure Montsouris, BUC Ressources, CRESIF…)
où je fais des interventions ponctuelles ou régulières.
En 1998, j'obtiens un demi poste d'ATER (attaché
temporaire d'enseignement et de recherche) qui s'achève
en été 2000. Je participe, entre temps, à la première
étape d'une recherche-action dirigée par deux associations
de Seine et Marne qui se préoccupent du sort des
familles vivant en abris de fortune ou caravanes
à la lisière des villes voisines. Je poursuis aujourd'hui
quelques interventions et enseignements à temps
(très) partiel et me concentre sur la fin de l'écriture
de ma thèse.
Demain… ? Publier mes travaux ? Continuer à comprendre,
à dire, à écrire ? Participer à quelques initiatives
qui touchent au " monde de la rue ", lesquelles,
comment ? Trouver un poste d'enseignant ? Reprendre
aussi des activités de loisir ? Faire une famille
? Tous les projets me semblent possibles… |
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| Hubert
Prolongeau Entretien effectué
le 23/03/2001 |
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Journaliste
indépendant depuis 1986, il a travaillé
avec "Télérama", "Libération",
"Le Monde diplomatique" et aujourd'hui
"Le Nouvel Observateur".
Il est l'auteur de nombreux ouvrages (Documents:
la vie quotidienne en Colombie au temps du cartel
de Medellin, 1992 - Sans domicile fixe, 1993 -
Une mort africaine, 1995 - Lourdes, sa vie, ses
uvres, 1997 - Le curé de Nazareth,
1998 - Partis sans laisser d'adresse, 2001) et
romans ( La colombe blanche, 1998 - L'oeil de
Diderot, 1998 - Le cauchemar de d'Alembert, 1999
- La nièce de Rameau, 1999).
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