My Life Without Me D'Isabel Coixet (Espagne / Canada, 2002, 100mn) Avec Sarah Polley, Scott Speedman, Deborah Harry, Amanda Plummer, Mark Ruffalo Compétition officielle
Synopsis : Ann a vingt-trois ans, elle a deux fillettes, un mari très tendre mais souvent au chômage, une mère misanthrope et un père en prison depuis une dizaine d'années. Elle travaille de nuit comme femme de ménage dans une université de Vancouver et vit dans une caravane au fond du jardin de la maison de sa mère. Après un examen médical, elle découvre qu'elle est condamnée. Pendant les deux mois qu'il lui reste à vivre, elle cache par amour son mal à sa famille et décide de profiter du peu de temps qu'il lui reste et de sortir de son cocon.
Critique : Voilà l'histoire d'un jeune couple à l'existence modeste mais illuminée d'amour, avec deux jolies petites filles aux doigts couverts de confiture, qui va devoir affronter la maladie, la mort et le vide insupportable qui la suivra., Vu de loin, My Life Without Me paraît tissé sur un canevas bien grossier et possède tous les attributs du bon vieux mélo lacrymogène, presque une sorte de Love Story à Vancouver : ils sont jeunes et beaux, se sont rencontrés au dernier concert de Nirvana, se sont aimés au premier regard et eurent beaucoup d'enfants lorsque la jeune femme apprend qu'elle est condamnée. Isabel Coixet, malgré le handicap de départ du scénario a réussi à insuffler suffisamment de pudeur, de sensibilité et une certaine amertume dans son film pour lui éviter de tomber dans le pathos. Ann renverse le cours de sa vie pendant ses derniers jours libérée du carcan du quotidien, des conventions, et finalement libérée de sa propre peur. Elle vit une dernière romance avec un jeune homme blessé qui l'a regardée dormir émerveillé dans un lavomatic et paradoxalement le libère lui-aussi par son amour. Sarah Polley joue magnifiquement, sobrement la jeune Ann, mère, amante, épouse et fille, qui affronte avec un calme très cartésien ses derniers jours par exemple dans la scène où elle enregistre sur cassette dans sa voiture des messages pour chacun des anniversaires de ses filles jusqu'à leur 18 ans. Les premières images pourraient aussi être les dernières du film : une femme aux pensées qui s'envolent, debout sous la pluie, ouverte, heureuse, les pieds posés ave volupté dans l'herbe verte d'un jardin.