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C'est très compliqué. Je suis réalisateur, résident en Afrique, au Sud, au Burkina, alors que la plupart des financements que l'on reçoit viennent du nord, de la France et d'autres pays européens comme la Hollande, l'Allemagne... Je dis la plupart parce que ce sont des financements institutionnels, tel que l'agence pour la francophonie, la coopération des affaires étrangères, l'Union européenne... Ces financements, ces subventions sont accordés dans le cadre du développement au soutient culturel de nos pays, dans le cadre d'accords de coopération. .. Tout ça nous a permit de tourner avec ce qu'on avait obtenu. Bien sur, du côté du Burkina, avec l'approche du festival en général il y a toujours cette volonté politique qui consiste à soutenir les productions, financièrement parlant. Parce que le soutient existe déjà par ailleurs : politique, moral, matériel. Prestations du personnel technique du cinéma et mise à disposition du matériel de tournage, par exemple. Tous les cinéastes burkinabés en bénéficient et même ceux de la sous-région en coproduction. Mais financièrement, parfois, l'État, en la personne du président souvent, fait un geste. Non, je pense qu'en réalité il n'y avait pas la possibilité de nous aider. J'ai cru entendre que certains ont dit que le film était prêt, qu'on voulait mettre la pression pour avoir de l'argent en plus... Non, ce n'est pas vrai. Du moins du côté de mon producteur. Moi je suis réalisateur, je fais confiance à Toussaint, je n'ai pas pris le cahier pour voir... Sur la base de ce qui a été reçu en financement, ce qui a été dépensé, ce qui reste, pourquoi on en est là... Chercher encore d'autres sources de financement au nord pour éventuellement être présents à Cannes. La France a soutenu ce film; il y a pas mal de sections où le film pourrait être programmé à Cannes s'il intéresse. Il est possible que très rapidement on trouve des solutions. Non, je n'en suis pas à mon premier Fespaco, j'ai eu le prix de la première oeuvre en 1983, et bien sûr j'en ai fait d'autres... Bon c'est vrai que ça met à chaque fois 8/10 ans avant de se concrétiser... Ce film, "Tasuma", j'aurais déjà dû le faire il y a 10/15 ans. Mais j'ai une vie au Burkina, je participe à des productions vidéos... Je suis tellement habitué de ces problèmes de production que ça ne peut pas m'émouvoir. Ce sont des réalités concrètes qu'on connaît, qu'on vit. Il n'y a pas à s'arracher les cheveux, le Fespaco ce n'est pas une fin en soi. Si vous avez la chance d'avoir un prix ou deux tant mieux, ça fait une belle publicité. La renommée mondiale, moi je n'en ai pas besoin. Avec mes premiers films déjà je m'étais senti très populaire sans pour autant être riche. C'est vrai que notre cinéma, on ne se l'arrache pas parce qu'il y a les problèmes de financement, de production, on nous accuse souvent de traiter de thèmes trop africains, bref, nous aussi on fait avec nos réalités et nos moyens. |
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