![]() Sansa Synopsis : France, Espagne, Italie, Hongrie, Russie, Inde, Japon, Egypte, Portugal… Passages des frontières, contrôles d'identité…. Sansa est libre. Il aime les femmes. La caméra lui file le train, il marche, fait des rencontres et observe le monde. Critique : Construit en une multitude de séquences aussi hallucinantes que décousues, " Sansa " se présente comme une expérience à sentir plutôt qu'un simple film à voir : une œuvre à vivre le souffle coupé et les yeux écarquillés, un voyage épique à travers le monde tel qu'il est. La caméra ne se détache pas un seul instant du héros, Sansa, un Ulysse moderne dont la quête a des motivations obscures, sans doute existentielles. Comme il le lance à la volée à un moment du film, il se " cherche " et cela aussi loin que ses pas, ses amours ou ses intuitions le mèneront. Son épopée moderne commence à Paris, place du Tertre à Montmartre et se poursuit à travers une Europe inconnue et familière, de la Hongrie à la Russie, jusqu'en Inde puis au Japon pour revenir par l'Egypte, l'Afrique et le Portugal malgré des frontières militarisées, où s'exprime souvent une violence incongrue. Spontané et funambule, Sansa erre, avance et court, s'arrête au fil des rencontres, s'attirant les sympathies par une naïveté déconcertante, une belle intelligence, beaucoup d'humour et surtout grâce à sa tendresse pour le genre humain. Il s'attarde dans certains lieux, salles de concert ou théâtres prestigieux. Dans ces lieux de la Musique, Siegfried lui-même compositeur, cherche à montrer un mystère insondable, une matrice où l'inspiration se cultive comme il l'avait fait avec l'Opéra de Paris dans " Louise (Take 2) ", son premier long métrage. Ivry Gitlis incarne Click, son guide et ami un peu versatile, un personnage à la lisière de lui-même et d'un double imaginaire, autant poète que violoniste ou chef d'orchestre. Selon l'expression de Scorsese, ce cinéaste courageux et inspiré s'inscrit dans cette lignée des " iconoclastes " du cinéma. Témoin de son temps, il est de ceux qui sont nécessaires à l'évolution d'un art. Cette beauté fulgurante par instant, ces images surgies de nulle part ensorcèlent au-delà de toute expression et c'est à la Photographie et à ses prophètes que l'on songe : Robert Frank, Walker Evans ou Eggleston. L'image devient une photographie en mouvement qui magnifie un geste, une rue ou un visage. Ce réalisateur croit encore au pouvoir des visages, ces visages sur lesquels on peut lire le plus extraordinaire des romans ou la plus triste des tragédies, où chaque ride, chaque frémissement raconte sa propre histoire. En Inde, Sansa disparaît pour la première fois de l'image. Il s'efface devant la puissance des regards venus d'un autre monde. Car Siegfried partage avec le Pasolini d' " Accatone " cette fascination électrisante pour ces gens des rues, des parias jamais acteurs : marginaux, petits frappes, enfants perdus, vieillards ravagés, ces hommes ou ces femmes qui possèdent des lueurs étranges dans les yeux où se reflètent le danger, le désespoir, l'amour ou une infinie sagesse. Delphine Valloire |
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