Synopsis « Ten », dix séquences de la vie émotionnelle de six femmes et les défis qu’elles rencontrent dans une étape particulière de leur vie, qui pourraient aussi bien être dix séquences de la vie émotionnelle d’une seule et unique femme.
Conférence de presse « Ten » était annoncé à Cannes comme un renouveau du cinéma d’Abbas Kiarostami. Le cinéaste propose en effet un film tourné entièrement en caméra numérique et toute l’action est mise en scène de l’avant d’une voiture, l’objectif coincé entre le pare-brise et la boite à gant en privilégiant des plans séquences d’une longueur que seule cette nouvelle technique pouvait permettre. Le spectateur à pour point de repère la conductrice présente tout au long du film, qui accueille successivement plusieurs passagers à sa gauche, essentiellement des femmes. L’idée d’un lieu unique et de cette trame est venue à Kiarostami à la suite de l’histoire que l’on lui avait raconté, celle d’une psychalyste qui avait pour habitude de consulter dans sa voiture. Le réalisateur iranien avoue avoir lui aussi la même passion, sa voiture étant pour lui un bureau toujours en en mouvement, dans lequel il peut observer à loisir. En expérimentant le numérique et sa légèreté, Kiarostami indique qu’il a recherché à s’effacer au mieux face à ses interprètes pour la plupart amateurs. Le naturel et la spontanéité des personnages de « Ten », condition sine qua non, proviennent essentiellement de l’acteur lui-même qui dans le cadre du tournage doit se sentir entièrement libre. Kiarostami ajoute que rien n’est simple à ce stade : donner pleine liberté en conrôlant le tout est la résultante d’un équilibre difficile et fragile. Et pour « Ten » Kiarostami s’est débarrassé de l’une des pires choses au cinéma selon lui : le mot « cut » , celui qui bouleverse l’acteur. Enfin de compte Kiarostami affirme que la DV apporte la satisfaction qui permet de replonger dans l’idée du « cinéma aux pieds nus », en évitant d’utiliser les éléments non-nécessaires qui existent dans le cinéma. Marin Karmitz, producteur, prolonge cette idée car « Ten » selon lui est le premier film à donner pleinement du contenu à cette nouvelle technique. Tourner en numérique c’est percevoir que l’on va pouvoir multiplier la projection d’images avec de petits projecteurs que l’on peut emmener partout sans contraintes. Un peu à l’image de ce film, qui nous trimbale pendant moins de deux heures dans une voiture et en même temps au cœur de l’émotion.