Los Guantes Magicos (Argentine, 2002, 1h30) De Martin Rejtman Avec Valeria Bertuccelli, Gabriel Fernandez Capello, Fabian Arenillas, Cecilia Biagini…
Compétition Internationale
Synopsis : Alejandro, la trentaine bien entamée, utilise sa pauvre voiture pour s'improviser taxi dans les rues de Buenos Aires. Son amie, une jeune femme dépressive, le quitte le soir où il rencontre un drôle de couple qui l'accueille à bras ouverts en le prenant pour un autre. Il est hébergé par Luis, un acteur de films pornos obsédé par sa forme et noue une relation tiède avec Valeria, une hôtesse de l'air passionnée par son métier. Leurs vies à tous pourraient changer grâce à une paire de gants magiques chinois, mais le miracle ne se produit pas.
Critique : Plus de que des personnages se sont des marionnettes qui peuplent cette comédie décalée car l'incarnation du récit ne se fait pas tout comme " le miracle des gants " ne se produit pas. Ce groupe d'amis disparates se constitue, s'éloigne et se rapproche par manque d'énergie, de passion ou, ce qui revient au même, par mélancolie dans un pays lui-même sclérosé, paralysé dans une crise douloureuse. Les règles du comique de répétition et de situation sont exploitées avec rigueur tout au long du film dans de courtes scènes, quasiment muettes. Sans que le résultat soit vraiment convaincant. Un homme tente de se suicider avec des desserts périmés. Il échoue. Et se retrouve bloqué dans la vie, comme le cinéaste dans son film. Car le sang ne circule pas dans " Los Guantes Magicos ". Les manies des uns et des autres se succèdent encore et encore jusqu'à créer le gag : l'homme obsédé par la gymnastique, l'homme qui entend le petit bruit que fait sa voiture, l'homme qui promène les chiens, la femme accro à ses médicaments etc. L'idée de dépression, archi-exploitée tout au long du film prend tout son sens avec la mise en scène de Martin Rejtman qui vise haut, c'est-à-dire l'ironie et un humour à la Tati mais qui n'arrive à générer qu'un cynisme plat, une neurasthénie aiguë par sa platitude non-inspirée même s'il laisse passer, parfois, de rares et pâles instants de tendresse bien vite oubliés. Delphine Valloire