(France 2003, 30 minutes) Réalisation: Lech Kowalski Compétition Video
Synopsis: L'Américain Aukai Collins, un ancien " combattant de la Guerre Sainte " au Moyen-Orient, est accompagné pendant une journée dans son domicile actuel de Baltimore par le réalisateur Lech Kowalski. Le réalisateur le filme chez lui, alors que les employés du gaz veulent lui couper le gaz, pendant une séance photos et en train de se disputer en voiture avec son amie.
Critique: Aukai Collins semble être un personnage intrigant : c'est en prison qu'il s'est converti à l'Islam. Puis il a apparemment combattu en Tchétchénie, en Afghanistan et au Kosovo où il perdit une jambe. Il a relaté ses expériences dans ses mémoires "My Jihad", étant dans le même temps un informateur du FBI. Devenu chasseur de primes, il serait aujourd'hui en prison au Mexique. Le réalisateur Lech Kowalski est lui aussi intéressant de par le choix de ses thèmes. Dans les années 70, il a tourné un documentaire sur le secteur pornographique à New York (" Sex Stars ", 1977). Il accompagna en 1978 le groupe punk des Sex Pistols pendant leur unique tournée (" D.O.A. ", 1980), puis réalisa un film sur le musicien punk Johnny Thunders " Born To Lose: The Last Rock'n'Roll Movie ". Un autre thème de cet adepte du cinéma vérité était les junkies et SDF du Lower East Side (" Gringo " et " Rock Soup "). Selon Filmmaker Magazine, Kowalski est même " la réponse américaine underground à Werner Herzog ".
Au vu des thèmes abordés jusqu'à présent par Kowalski, on en attend beaucoup du réalisateur, et l'on est d'autant plus déçu par la tournure prise par " Camera Gun ". Le réalisateur a passé trois mois à Baltimore avec Collins et son amie. Au lieu de traiter de l'existence pour le moins aventureuse de Collins, il le montre pendant une journée, en train de se disputer à propos du racisme avec son amie un peu simplette, ou en pourfendeur de l'American Way, lorsque les employés du gaz puis la police veulent lui couper le gaz. Dix mois qu'il n'était pas même abonné. Le film permet au moins de se faire une idée du personnage Collins, si l'on connaît déjà son passé. Mais le documentaire part du principe que c'est le cas de tout le monde, ce qui est insatisfaisant pour les spectateurs. Collins parle des premières fois où il a tué, raconte comment il a perdu sa jambe sur une mine en Tchétchénie. Le réalisateur semble s'être tellement imprégné de Collins tout au long de son séjour qu'il a décidé de ne montrer que quelques fragments de plus du personnage. C'est malheureusement trop peu pour un documentaire d'une demi-heure sur une personne complètement inconnue des spectateurs. Verena Dauerer