
Boris Akounine – Le maître du nouveau roman policier russe
« L'histoire du XIXe siècle laisse indifférent un grand nombre de lecteurs. Mais elle m'intéresse. J'écris sur ce qui m'intéresse. Je ne peux écrire sur rien d'autre. Quand on est très intéressé par une chose, quand on se passionne pour elle et qu'on la dévore à pleines dents, on donne envie aux autres d'y goûter. » (Boris Akounine dans le documentaire « Russes, romanciers et rebelles » de Christiane Bauermeister, 2003).
Grigori Chalvovitch Tchkartichvili sous le pseudonyme de Boris Akounine est le maître du nouveau roman policier russe. Il est aussi un linguiste réputé, grand spécialiste de littérature japonaise. Il est né le 20 mai 1956 en Géorgie (alors république soviétique), d’un père géorgien et d’une mère russe. Passant toute son enfance et son adolescence à Moscou, il fait ses études supérieures au très renommé Institut des pays d’Asie et d’Afrique (département d’histoire et de philologie) de l’université de Moscou, d’où il sort diplômé en 1979. Parallèlement, il y étudie le japonais, qu’il perfectionne pendant un an à l’université de Tokai, au Japon. De 1979 à 1985, il collabore à la revue Rousskij Iazyk (« La langue russe »). A partir de 1986, il entre à la prestigieuse revue Inostrannaïa Literatoura (« Littérature étrangère »), dont il est rédacteur en chef adjoint à partir de 1993. Il y publie de nombreux auteurs étrangers, notamment Kundera, Perec, Sollers, ou encore récemment Houellebecq. En octobre 2000, il quitte la revue pour se consacrer pleinement à l’écriture. Auteur de nombreuses traductions de l'anglais et du japonais (en particulier des œuvres de Mishima), il supervise, depuis 1996, la publication d'une anthologie en vingt volumes consacrée à la littérature japonaise. En 1999, il publie un important essai intitulé L'Ecrivain et le suicide. C'est, selon l'auteur, pour se reposer de ce travail long et « démoralisant » qu'il décide d'écrire un roman policier visant à toucher un large public. Azazel, qu'il fait paraître en avril 1998, sous le pseudonyme de Boris Akounine. « Je ne voulais pas nuire à la réputation de la revue, explique t-il. Et je voulais que l'on prenne au sérieux mon essai quand il paraîtrait». Les romans d’Akounine, parfaitement documentés sur le plan historique, nous transportent dans la grande Russie des derniers Romanov, mais aussi au Japon par le Transsibérien et jusque dans les harems de Constantinople. Son héros, Eraste Pétrovitch Fandorine, agent secret du Tzar, cumule le sens de la déduction de Sherlock Holmes, le dandysme d’Arsène Lupin et le goût pour l’action de James Bond. Ses aventures narrées d’une écriture très vive sont publiées en français aux Presses de la Cité et en poche chez 10/18.
Son collègue Slava Kourystine voit en la personne d’Akounine l’héritier de Pouchkine : « Nous avons eu assez peu d'écrivains capables de bien raconter des histoires simples et c'est dommage. En ce sens, aujourd'hui, le premier héritier de Pouchkine est bien sûr Boris Akounine, qui a appris à une énorme quantité de gens à lire une littérature populaire de qualité. Cette littérature populaire de qualité, à laquelle on peut sans exagération donner le nom de littérature avec un grand "l", c'est ce qu'on trouve en France avec Dumas, en Angleterre avec Conan Doyle. Nous n'avions pas d'auteur de ce type, et c'est justement Akounine qui a joué le rôle de pionnier, de fondateur de ce genre littéraire. »
Le détective d’Akounine, Fandorine, n’est pas seulement couronné de succès :
« (…) D'un wagon de première classe sauta sur le quai un jeune homme au physique tout à fait remarquable. Il semblait sorti d'une gravure de mode d'un journal parisien de la saison d'été 1882. Il portait un costume de tussor sable, un chapeau à large bord en paille italienne, des chaussures à bouts pointus recouvertes de guêtres blanches avec des boutons en argent, et il avait à la main une petite canne très élégante avec un pommeau d'argent. Cependant, ce n'était pas l'élégance du passager, mais plutôt son physique imposant, on pourrait même dire son apparence frappante, qui attirait l'attention. Le jeune homme était de haute taille, bien fait, avec de larges épaules, il regardait le monde avec de grands yeux bleus, sa petite moustache relevée aux coins lui seyait à merveille, et ses cheveux noirs peignés avec soin avaient une particularité : ils grisonnaient de façon intrigante aux tempes. » (Extrait du livre de Boris Akounine « La Mort d’Achille », Presses de la Cité, 2002).
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Bibliographie : Boris Akounine
 Azazel - Prix Mystère 2002 du meilleur Roman étranger Presses de la Cité, 2001 ISBN 2258054672 http://www.pressesdelacite.com/
Nous tenons tout particulièrement à remercier les éditions "Presses de la Cité" pour leur aimable soutien et coopération.
Le gambit turc Presses de la Cité, 2001 ISBN 2258054664
Le conseiller d'état – Les aventures d'Eraste Fandorine Presses de la Cité, 2003 ISBN 2258057841
Missions spéciales Presses de la Cité, 2003 ISBN 225805785X
Azazel 10/18, 2003 ISBN 226403551X
Azazel Feryane, 2001 ISBN 2840114275
Le gambit turc 10/18, 2003 ISBN 2264035528
La mort d'Achille Presses de La Cité, 2002 ISBN 2258054648
Léviathan Presses de La Cité, 2001 ISBN 2258054656
Altyn Tolobas Mk-Musica, 2001 ISBN 5224025192
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