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Archimède

  Emission du 18 septembre 2001

  

Une mode intelligente.

Autrefois, nos habits servaient à nous tenir chaud et à nous mettre en valeur. Ces fonctions ne suffisent plus aujourd'hui. Les couturiers viennent de découvrir le potentiel de notre seconde peau et travaillent sur les tissus de demain.

Ces vêtements de conception spéciale pourraient notamment se mettre au service de notre santé. En Allemagne, près de 100 000 personnes contractent chaque année un cancer de la peau. Les dermatologues rappellent qu'un habillement adapté protège mieux contre les rayons ultraviolets que l'application de crèmes solaires.

Dr. Jürgen Rieker :

"On commet une grande erreur en pensant toujours que les vêtements protègent automatiquement contre les rayons UV. Certains tissus ont des pores ouverts et sont plus ou moins denses ; en particulier les tissus légers et poreux que l'on porte en été n'apportent pas forcément une protection suffisante contre les UV."

Un nouveau procédé de détermination de l'indice de protection solaire tient compte non seulement de la sensibilité de la peau humaine, mais aussi du fait que la protection contre les UV apportée par un vêtement diminue nettement avec son utilisation.

Un instrument de mesure spécial permet de déterminer l'indice de protection UV des textiles. Pour cela, on déclenche un éclair dont les rayons UV traversent le tissu. La mesure détermine la qualité de la protection. Résultat : un habit humide ou imprégné de transpiration, par exemple, laisse passer plus de rayons ultraviolets qu'un vêtement sec. Autant de risques qu'il convient de prendre en compte, notamment pour les vêtements des enfants.

Dr. Jürgen Rieker :

"Les enfants sont particulièrement concernés, parce que la peau présente un effet de mémoire. Le moindre coup de soleil qu'un enfant a, ou a eu, aura des conséquences à un âge avancé et augmente considérablement le risque de cancer de la peau."

Les vêtements peuvent également être complétés par des composants high-tech, par exemple des équipements GPS. Cette technique permet de déterminer par satellite la position exacte d'un émetteur intégré à une pièce d'habillement. Une société finlandaise a mis au point une veste de survie. Elle dispose d'un chauffage intégré et, même dans les régions les plus reculées, il est possible en cas d'urgence de déterminer en quelques secondes la position de la personne, de prévenir un hélicoptère de secours et de communiquer l'état de santé de la personne accidentée. Des capteurs surveillent la fréquence cardiaque et la température du corps. Un système de navigation est également intégré, qui peut fournir aux équipes de secours des informations sur les conditions météorologiques ou de lumière locales. Un accident peut survenir à tout moment. Les premières secondes sont décisives pour la survie. Ces nouvelles vestes pour médecins urgentistes permettent de transmettre de nombreuses informations relevées en quelques secondes.

Dr. rer. pol. Wolfgang Röckelein :

"Pendant cette phase de préparation, le médecin peut entrer dans l'ordinateur les premières informations sur le patient, et les transmettre ensuite sans fil au centre de secours. Celui-ci peut alors, en parallèle aux soins apportés au patient sur place, rechercher un hôpital capable de l'accueillir et transmettre au centre, les données entrées par le médecin. Ainsi, l'hôpital peut se préparer à recevoir la personne accidentée."

Le cœur de cette veste d'environ 2 kg est un petit ordinateur. Les données sont transmises par l'intermédiaire d'une antenne. Une prise USB permet même de raccorder un appareil photo à la veste. La veste est également capable de lire toutes les données du patient sur sa carte d'assuré social. Le médecin établit son rapport d'accident sur un ordinateur de poche. En 10 secondes seulement, le diagnostic initial et toutes les caractéristiques de l'intervention sont ainsi disponibles de manière claire et structurée dans le véhicule d'intervention, au centre de secours et au service des urgences, ce qui accélère considérablement la prise en charge par l'hôpital. Les premiers essais ont montré que l'utilisation de cette veste d'urgence donne à l'hôpital et aux médecins 20 minutes supplémentaires pour se préparer. Cette veste d'urgence devrait à l'avenir être utilisée quotidiennement en Bavière et fait donc partie des rares vêtements intelligents qui ont dépassé le stade du prototype. Les chercheurs tentent par ailleurs d'améliorer les textiles dits fonctionnels, ces tissus qui développent en plus un effet cosmétique ou thérapeutique. De nouveaux pansements, par exemple, sont en mesure de réguler activement l'humidité au niveau de la blessure afin d'accélérer le processus de guérison.

Dr. Dirk Höfer :

"On voit à l'écran une image au microscope électronique d'une capsule spongieuse, que l'on peut fabriquer encore mille fois plus petite, c'est-à-dire de l'ordre du nanomètre, et que l'on appelle donc une nanocapsule. Il est possible de remplir cette structure spongieuse avec des agents actifs et de la coupler à des textiles, de sorte que les agents actifs passeraient de ces capsules à la peau."

Une autre manière de préserver la santé consiste à optimiser les caractéristiques d'hygiène des textiles à usage médical. Pour le médecin comme pour le patient, il est vital que les tissus employés en salle d'opération ou les tenues de protection des médecins soient une véritable barrière contre les bactéries.

Les bactéries restent entre la peau et le vêtement du médecin et ne menacent donc pas la santé du patient au cours de l'opération. Et de cette manière, le médecin est, lui aussi, protégé contre une possible infection. Afin d'accroître le niveau d'hygiène, on contrôle régulièrement la quantité de bactéries qui traversent le tissu.

Si les matériaux intelligents ne dévoilent pas toujours immédiatement leurs particularités, ces nouvelles matières peuvent contribuer à traiter, guérir et même éviter des maladies. Mais pour que ces vêtements aux fonctions étendues puissent entrer dans le quotidien, une coopération internationale est nécessaire entre tous les chercheurs. Tous sont convaincus d'une chose : les tissus et les vêtements intelligents ont depuis longtemps déclaré la guerre aux maladies et aux agents pathogènes.

 


  © 1998 ARTE G.E.I.E