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Emission du 23 octobre 2001 |
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Ormes
Un arbre seul au milieu de la place, solitaire comme l'un des derniers représentants de son espèce. C'est un orme, un arbre réputé pour sa croissance rapide, la densité de son feuillage, son bois précieux et sa résistance à l'eau salée. En 1975, une épidémie à presque fait disparaître tous les ormes de France. Rien qu'à Paris c'est 15 000 ormes qui ont été abattus. Caroline Lohou : "Nous sommes sur la place Saint Gervais devant l'Hôtel de Ville de Paris et devant un des derniers ormes de Paris. Donc y nous en reste à peut près 1000 à l'heure actuelle.Rapidement on s'est aperçu que la seule chose possible c'est la prophylaxie c'est à dire supprimer les arbres dès les premiers symptômes de la maladie de façon à essayer de sauver les voisins." En réalité, trop peu d'arbres ont été abattus. Du coup, l'épidémie a continué à se répandre. C'est au cur de l'arbre que se développe la maladie, dans les vaisseaux du bois précisément. Le responsable un champignon microscopique qui s'y développe et empêche la sève de circuler naturellement. C'est au Printemps que la progression du champignon est la plus spectaculaire. Jean Pinon : "Donc ce parasite vit dans les vaisseaux du bois, c'est un champignon microscopique. Sur la tranche du rameau que nous venons de couper, nous voyons quelques points bruns qui correspondent aux vaisseaux qui sont bouchés par la maladie et longitudinalement, sous l'écorce, on trouve ces vaisseaux de bois qui sont anormalement bruns. Un arbre sain aurait des vaisseaux extrêmement clairs contrairement à celui-ci. Les premiers symptômes de la maladie correspondent à cette décoloration de la feuille qui passe du vert au beige puis au brun, qui s'enroule sur elle-même au fur et à mesure qu'elle sèche. Ensuite, elle va devenir complètement brune, sèche et finalement elle tombera et donc vous retrouvez des rameaux qui sont dépourvus de feuilles dès cette saison." C'est ce petit insecte brun, un coléoptère, qui transporte avec lui, le champignon. Ce scolyte, comme les scientifiques le nomme, creuse des galeries sous l'écorce et ses morsures mettent alors le champignon microscopique en contact avec le bois. La recherche anodine d'un abri pour l'hiver et d'un lieu de ponte tourne ainsi à la catastrophe. Un minuscule champignon sur un tout petit coléoptère décime les forêts. Les larves issues des ufs de scolyte, que l'on voit ici, vont grandir, et migrer vers d'autres ormes. Ainsi d'arbres contaminés
en arbres sains, l'épidémie progresse. Jean Pinon : "Et vis à vis du champignon, on peut, à condition d'avoir un arbre encore sain, injecter un fongicide dans les vaisseaux, pour protéger les vaisseaux de cet arbre. Mais c'est une technique assez compliquée à mettre en uvre, assez délicate et qui nécessite d'être reproduite quasiment chaque année Le plus simple, le plus économique, est très certainement d'avoir une plante qui d'elle-même résiste bien au champignon, puisque là, on a une méthode de lutte qui est tout de même beaucoup plus durable et beaucoup moins coûteuse et qui est respectueuse de l'environnement." La recherche de cet
arbre résistant commence au laboratoire. À partir de rameaux
d'arbres atteints, il est possible de préparer des cultures du
champignon responsable. Découpés en rondelles, ces rameaux
infectés sont déposés dans une petite coupelle contenant
différentes matières nutritives. Du temps et un peu d'agitation
sont nécessaires pour permettre le développement naturel
du champignon. Lutèce, c'est un beau nom pour repeupler la capitale, non ?
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