ARTERetour
Au sujet de l'Art brut Une esthétique de l'anarchie
ProgrammesBibliographieLiensPromenadesLes grands de l'Art brut
Programmes
Raymond Reynaud
  Il aura fallu vingt-cinq ans à Raymond Reynaud pour achever l'un de ses grands triptyques intitulé "Jean de Florette".

 

THEMA : 22.10-00.40
Les voisins nous prennent pour des "Picassos"
Art brut


Une soirée proposée par Jean-Pierre Vedel
LA SEPT ARTE

Les trois documentaires seront rediffusés le 17 juillet sur CANAL SATELLITE entre 16h25 et 18h53

Ils peignent, sculptent, brodent, pétrissent l'argile, polissent le bois, élèvent des totems de pierres, recyclent les matériaux les plus improbables. Ils n'appartiennent à aucune école, ne recherchent pas la gloire. Seuls les animent la nécessité de s'exprimer, la force intérieure, le génie parfois. En compagnie de ces artistes hors normes, ARTE vous invite le 11 juillet à parcourir les sentiers de la création buissonnière, en France, en Belgique... et jusqu'en Iran.

On les rencontre sur un terrain vague ou dans le secret d'un asile, au fond d'un jardin, dans les bois ou dans le garage d'un pavillon de banlieue. Bâtisseurs de l'imaginaire, tout leur est bon pour donner forme aux images qui les hantent. En dehors des grands courants artistiques, ils réalisent des œuvres singulières et ont influencé les plus grands artistes contemporains.
Le peintre Jean Dubuffet, qui a entrepris de collectionner et d'étudier ces œuvres à partir de 1947, les a baptisées du nom d'"art brut". Il les définissait ainsi : "Des productions de toute espèce, dessins, peintures, broderies, figures modelées ou sculptées, etc. - présentant un caractère spontané et fortement inventif, aussi peu que possible débitrices de l'art coutumier ou des poncifs culturels, et ayant pour auteurs des personnes obscures, étrangères aux milieux artistiques professionnels".
Ces œuvres extrêmement abondantes sont restées longtemps à l'écart des circuits commerciaux. La motivation de ces artistes n'est pas financière, elle est plutôt de l'ordre de la survie. Cette soirée Thema présente quelques unes de ces figures attachantes et exemplaires, avec leurs œuvres toutes de splendeurs et de mystères.


 

 

22.10
On n'est pas des artistes


Documentaire de Jean-Pierre Vedel
(France, 2000-54mn)
Coproduction :
La Sept ARTE, Point du jour

Rediffusion sur CANAL SATELLITE
le 17 juillet à
16.25

Raymond Reynaud

Alain Genty

Jeanne Disdéro

Jano Pesset

Robert M.

Ferdinand Cheval

Pierre Avezard

Raymond Isidore

Ils ont été, ou sont encore, peintre en bâtiment, aiguilleur du ciel, cantonnier, femme de ménage, magasinier ou mère au foyer... Un jour, l'envie de créer les a pris, irrésistible, impérieuse, venue d'on ne sait où. En solitaires, ils ont inventé une forme d'art singulier, le plus souvent figuratif, en marge de toute école, parfois de toute culture. Entre monstres et merveilles, ils nous ouvrent ce soir l'atelier de leur imaginaire.
"Les voisins nous prennent pour des fadas. Il y en a même un qui m'a traité de Picasso !", dit Raymond Reynaud, pour qui les objets trouvés prennent un visage humain. à 80 ans, cet ancien peintre en bâtiment se veut chercheur plutôt que plasticien.
Il accumule chez lui ses tableaux pour échapper à l'emprise du "système", et développe une philosophie de la vie qui lui laisse le temps de créer. Alain Genty, lui, vit seul à la campagne, après une enfance difficile. Les infirmiers de l'hôpital psychiatrique où il a grandi deviennent sous ses doigts de fabuleux dragons de faïence, enfin domestiqués.
Devant la caméra, il modèle pour la première fois un dragon de sexe féminin... Formée auprès de Raymond Reynaud,
Jeanne Disdéro est sujette aux apparitions, aux visions merveilleuses. Elle peint les fantômes qui la visitent et les pays qu'elle n'a jamais visités. Jano Pesset, né en Charente, a découvert Picasso et Dubuffet dans les années 60 à Paris. Pour être artiste indépendant, il est devenu magasinier jusqu'à l'âge de la retraite : "Je gagnais ma vie en travaillant, je faisais mes créations pour ne pas perdre ma vie", explique-t-il. Beaucoup de ses sculptures en bois de lierre et de noisetier sont aujourd'hui réunies au musée de La Fabuloserie dans l'Yonne. Comme bien d'autres "bricoleurs" de génie, Robert M. préfère taire son nom pour montrer son œuvre avec fierté et pudeur : d'étranges géants de pierre élevés au bord d'un torrent... Jean-Pierre Vedel a rencontré ces artistes que la renommée laisse indifférents. Il les a fréquentés longtemps, jusqu'au tutoiement, jusqu'à la confidence.
Puis la caméra est venue en convive discrète, fixer pour mémoire ces visages, ces gestes, ces paroles confiées avec humour et tendresse, pour parler d'un art visionnaire, inspiré, et qui ignore parfois jusqu'à son nom.

Au pays de la féerie

Uniques, inclassables, les œuvres de ces créateurs (presque) anonymes ne sont pas sans affinités avec les productions les plus célèbres de l'art brut, comme elles d'origine populaire, comme elles élaborées dans les marges de la société. Au fil de ses rencontres, Jean-Pierre Vedel présente ainsi des collages de Gaston Chaissac, le Palais idéal du facteur Cheval, le Manège de Petit Pierre ou encore la Maison de Picassiette.
Ferdinand Cheval (1836-1924), facteur dans la Drôme, avait 40 ans lorsqu'il commença à ramasser des pierres dans ses tournées quotidiennes. Pendant 27 ans, il les accumulera dans son jardin pour ériger un immense palais féerique, utilisant plus de 4000 sacs de ciment. Véritable chef d'œuvre ornemental, le Palais idéal du facteur Cheval, dans la Drôme, a été classé monument historique en 1969 par André Malraux.
Sourd, muet et borgne, Pierre Avezard, dit Petit Pierre (1909-1992), fut toute sa vie vacher, puis bûcheron dans une ferme du Loiret. Son Manège, travail de toute une vie, est composé de tôles découpées, de fils de fer, de peintures aux couleurs éclatantes. Animé par un petit moteur électrique, le Manège comporte plus d'une centaine de figures de métal, avec un système de télécommande mécanique que Petit Pierre actionnait avec malice.
Raymond Isidore (1900-1964) a été surnommé Picassiette par allusion à Picasso et aux assiettes cassées qui lui ont servi à décorer entièrement l'extérieur et l'intérieur de sa maison, soit 33 années de travail, en plus de son métier de fossoyeur. La Maison de Picassiette, acquise par la ville de Chartres, a été elle aussi classée monument historique en 1983.

(Source : Michel Ragon, Du côté de l'art brut, Albin Michel, 1996)

 










Alonzi R.
Mokarameh

Autres programmes

23.05
> Alonzi R.
Peindre la vie

Documentaire de Didier Verbeek
(Belgique, 1994-42mn)
Production : RTBF

Son père mineur lui a toujours interdit de peindre. Il dessine en cachette dès son plus jeune âge et achète ses premiers tubes de couleur une fois marié. Autodidacte, il apprend les jeux d'ombres et de lumières en regardant Thierry la Fronde et Rin Tin Tin à la télé...
Rediffusion sur CANAL SATELLITE le 17 juillet à 17h20

23.50
> Mokarameh, soudain, elle peint

Documentaire d'Ebrahim Mokhtari
(Iran/France, 1998-48mn) - VOSTF
Production : Mokhtari, Play Film

Mokarameh possédait une vache à laquelle elle vouait une grande tendresse. Pour la nourrir, elle devait chercher de l'herbe très loin, ce qui la fatiguait. Un jour, ses enfants ont décidé de vendre l'animal sans la prévenir. Pour conjurer sa tristesse, elle s'est mise à peindre sur les murs de sa maison, sur la porte du réfrigérateur, sur des citrouilles...

Sélectionné au Festival du Réel 1999
Sélectionné aux festivals de Cracovie, de Sheffield, de Leipzig, d'Amsterdam, de Montréal Grand Prix du Festival
"Traces de vie" à Vic-le-Comte

Rediffusion sur CANAL SATELLITE le 17 juillet à 18.05

 

Menu