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ARTE a des raisons pour faire la fête : ses 10 ans Il y a dix ans de cela, le 30 avril, le Contrat de formation de la Chaîne culturelle franco-allemande était signé à Strasbourg : l'histoire des relations culturelles et politiques entre la France et l'Allemagne allait s'enrichir d'un nouveau chapitre. A ses débuts, la chaîne ne comptait pas que des adeptes. Le mariage était certes conclu en bonne et due forme, mais personne n'aurait osé à l'époque parler de mariage d'amour. Ce qui avait été "l' octroi de la politique " est devenu une entreprise de renommée mondiale qui, en seulement quelques années de présence sur les ondes a su entrer dans les annales de la télévision. ARTE est en route vers l'Europe. Les contrats d'association récemment signés avec la télévision polonaise et l'ORF autrichien, ainsi que les contrats de coproduction existant avec les chaînes d'un certain nombre d'autres pays européens en sont l'illustration. Sur l'ensemble du continent, en Scandinavie, en Afrique du Nord et au Proche-Orient, près de 100 millions de foyers reçoivent aujourd'hui ARTE. La Chaîne et ses programmes restent cependant bien installés sur leurs fondations franco-allemandes et ce n'est donc pas un hasard si autour de la date du 30 avril, l'anniversaire de notre création donc, nous évoquons plus particulièrement les relations inégales entre les pays fondateurs de la Chaîne culturelle européenne. Outre la saga familiale " Les Alsaciens ", une des plus grosses coproductions franco-allemandes de la dernière décennie et qui s'est vue consacrée par le prix Grimme, ARTE fête son anniversaire avec deux programmes sur lesquels je souhaite insister et que je me fais personnellement une joie de revoir. C'est en effet grâce aux films de Jean-Luc Godard, de Louis Malle, Claude Chabrol et naturellement de François Truffaut, que le vent frais de la Nouvelle Vague souleva la poussière des salles de cinéma allemandes au début des années 60. Plus que toute autre œuvre, ce fut " Jules et Jim " qui emporta mon enthousiasme. De par la légèreté et l'élégance avec laquelle Truffaut narre l'histoire de ce " ménage à trois ", ne craint pas d'aborder ce sujet tabou et se pose ainsi, des années avant, en précurseur de la révolution sexuelle, c'est pour moi un des plus beaux films de l'histoire du cinéma. A partir de là , il n'y aura plus que les histoires tournées par des Truffaut, Godard, Malle et les autres jeunes réalisateurs français pour nous permettre en Allemagne d'échapper, du moins au cinéma, à l'air vicié des dernières années Adenauer. Pour moi, " Jules et Jim " était en premier lieu une histoire d'amour hors norme et je crois bien qu'à l'époque nous étions tous amoureux de Jeanne Moreau. Mais c'est aussi l'histoire d'une amitié profonde entre deux hommes, une amitié qui résiste à l'inimitié entre les peuples et à la guerre. C'est l'histoire vécue par le marchand d'art français Henri-Pierre Roch et l'écrivain allemand Franz Hessel au début du siècle dernier, en pleine Bohême parisienne. |
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