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De son vrai nom Nouhad
Haddad, Fairouz est issue d'une famille paysanne du
village de Ddayeh (Haut Liban) qui quitta son
village en 1935 pour venir s'installer à Beyrouth dans
un quartier populaire : Zokak Elblat. Fairouz, une des
plus grandes vedettes de la chanson arabe, a débuté sa
carrière en 1947 alors qu'elle participait à la chorale
de Mohamed Fleifel. Elle fut présentée à Halim Elroumi
qui dirigeait la radio du Proche-Orient " Mahattat
Ach-Charq Aladna " créée en 1942 pour soutenir la
politique des alliés dans les pays arabes. Halim Elroumi
l'auditionna avec des chansons de Farid Al Atrache et
Asmahan. IL lui ouvrit les portes de la radio et croyant
en son avenir, il composa pour elle.
C'est chez Halim Elroumi que se fera la rencontre du
destin entre Fairouz et
les frères Rahbani. Entourée de ces tris compositeurs
avant-gardistes, partisants enthousiastes du renouveau de
la musique arabe, ce sera pour elle une rupture totale
avec la tradition et le point de départ d'un
cosmopolitisme qui s'avérera enrichissant pour la
musique arabe des années 40 et 50. Dans cette recherche
du renouveau, Fairouz apportera d'une part sa voix pure
et d'une richesse infinie d'inflexions et d'autre part
une façon de chanter, toute en demi-teinte, porteuse
d'une certaine mélancolie et de la nostalgie du temps
qui passe, une voix séraphique, émanant, dit-on des
jardins d'Eden.
Les frères Rahbani (Assi et Mansour), jouant de cet
instrument parfait, s'attelèrent, en collaboration avec
le groupe argentin Eduardo Bianco à la teche de donner
à cette nouvelle artiste un répertoire issu du floklore
national mais traité comme la musique de l'Amérique du
Sud. Ce fut l'époque d'Azzaroura, de Ya Hneyina, Ya
Ghzayel, Nahna Ouelqamar Jian, où la richesse du
floklore national s'allie harmonieusement aussi bien à
l'influence occidentale qu'aux sources traditionnelles
pour donner à la chanson arabe un nouvel essor.
Cette forme nouvelle suscitera immédiatement la
réaction des traditionalistes qui combattent avec
acharnement cette "hérésie" qui risquerait de
défigurer le chant arabe et de nuire à sa tradition
musicale. Les frères Rahbani répliqueront par Ila Raaya
et par un Dawr de sayed Derwiche : Zourouni Kol Sana
Marra oeuvre dans la plus pure tradition mais toujours
avec une orchestration moderne.
Dès lors, Fairouz qui avait épousé Assi Rahbani en
1954, a su faire valoir toutes ses capacités et son
immense talent en interprétant des Mouwachahs et des
Qacidas tout en étendant sans cesse son répertoire de
chansons modernes. Les pleurs et les gémissements sont
bannis de son interprétation ; les textes, hors des
sentiers battus de la poésie classique, se trouvent
transfigurés par son interprétation très personnelle et par sa
voix qui rend sublime tout ce qu'elle chante. Désormais
sa route est toute tracée, elle va l'emporter avec son
compagnon vers le succès et la gloire.
En 1957, elle inaugure le Festival de Baalbek où,
pour la première fois, elle rencontre le public en plein
air, sur des planches installées au pied des
gigantesques colonnes du temple romain. Elle remporte un
tel triomphe qu'on la surnomme aussitôt la septième
colonne. La Syrie à son tour lui ouvre ses portes dès
1960 et elle sera l'invitée de la biennale de Damas. La
chanosn des frères Rahbani passera du sketch musical à
l'opérette populaire, et au théâtre musical à
Baalbek, mais à Damas, elle sera dans la plus pure
tradition classique avec des oeuvres arabo-andalouses,
des Mouwachahs et des Qacidas. Le public, qui lui faisait
chaque fois un triomphe, ne se trompait pas quand il
admirait les multiples facettes de cette artiste
éblouissante. Sa beauté a souvent été comparée à la
turquoise dont elle porte le nom depuis sa première
collaboration avec Halim Elroumi. Il est loin le temps
des hymnes nationaux et des chansons de farid Elatrache
et d'Amahan qu'elle interprétait quand elle se
produisait à la radio et dans les fêtes privées.
Elle est devenue la vedette incontestée de tout le
monde arabe et non plus du seul Liban, dont elle est la
voix et auquel elle est restée fidèle : elle est en
effet la seule artiste à y avoir demeuré en permanence
malgré la guerre et les propositions alléchantes d'un
exil doré à Amman, au Caire ou à Rabat.
Elle chante non seulement le Liban mais aussi la
Palestine, la Syrie, La Mecque, sans renier d'ailleurs
ses origines chrétiennes qu'elle exprime dans un grand
nombre de chants religieux pour Pâques et Noël.
A l'automne 1975, Alors que la capitale est mise à
feu et à sang, elle chante tous les soirs sur la scène
du Picadilly de Beyrouth.
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