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L'enjeu
de cette série était de rendre compte
du "communisme de l'intérieur".
C'est pourquoi plutôt que de nous installer
dans la mémoire, nous avons choisi de prendre
le communisme aux mots, de le suivre à
la trace à travers l'héritage filmé
qu'il nous a légué.
- En s'installant au cur même du terreau
qui l'a vu naître et se développer.
- En s'immergeant dans le système de représentations
qui a forgé l'adhésion de millions
de militants et de compagnons de route.
- En refaisant aujourd'hui le chemin qui, de Leningrad
à Madrid, de Stalingrad à Stockholm,
de Prague à Berlin, a nourri ou conforté
l'adhésion ou l'a fait imploser.
Ce
choix ne doit rien au hasard.
Le communisme est "né" dans l'image.
Jamais une vision du monde ne s'est autant "mise
en scène".
Jamais nul autre système de pensée
avant lui n'a fait auparavant un usage aussi
radical et systématique de ses représentations.
Qu'on le veuille ou non, on a tous en mémoire
les images magnifiées de la prise du
Palais d'Hiver, des tracteurs de la ligne générale,
des métallos enthousiastes de Vertov,
du final de la vie est à nous, du défilé
d'adieu des Brigades internationales, ou des
sourires radieux des artilleuses vietnamiennes
de Quan Tri.
Inversement on se souvient tous aussi des images
des procès de Slansky, de la bande des
quatre, de l'écrasement des révoltes
de Berlin, de Budapest ou de Prague, de l'exil
de Sakhorov et de la chute du mur de Berlin.
Pendant près d'un siècle, par
delà "le bien et le mal", sur le terrain
de luttes âpres et violentes, ce sont ces
images et ce qu'elles ont charrié de
générosité et d'espoir,
de rêve et "d'utopies réalisées",
de déconvenues, de ruptures et de non-dit
qui ont porté, transporté, conforté
plusieurs générations de militants
et de compagnons de route.
Ce sont elles qui ont construit une légende
et son revers.
Elles qui ont accompagné sa désagrégation.
Leurs genèse, leur histoire, leurs répétitions
dessinent aujourd'hui un parcours, qui nous
permet de suivre le communisme à la trace.
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