| 20h45 JOURNAL INTIME (Caro diario) Film italien de Nanni Moretti(1993-1h36mn) - VOSTF Scénario : Nanni Moretti Avec : Nanni Moretti, Renato Carpentieri, Antonio Neiwiller, Claudia Della Seta, Lorenzo Alessandrini, Raffaela Lebboroni, et la participation de Jennifer Beals et Alexander Rockwell Photographie : Giuseppe Lanci Son : Franco Borni Montage : Mirco Garone Musique : Nicola Piovani Coproduction : ARTE France Cinéma, Banfilm, Sacher Films, Le Studio Canal + LA SEPT ARTE Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1994 Rome, déserte, immobile sous la chaleur d'août. Un homme sur une Vespa, de dos, glisse le long de grandes avenues et de petites routes verdoyantes. Au fil de sa course, Nanni Moretti, qui joue son propre rôle, livre les réflexions qui naissent sous son casque : les beaux quartiers sentent "la cassette vidéo, le chemin de garde et la pizza précuite"... Pas un jour ne passe sans qu'il traverse ce pont, qu'il aime particulièrement... Depuis qu'il a vu Jennifer Beals dans Flashdance, il rêve de savoir danser (et voilà d'ailleurs qu'il rencontre la vraie Jennifer Beals au détour du pavé). Et cetera. La balade s'intitule "Sur ma Vespa". Suivront deux autres chapitres : "Les îles" (le voyage de Moretti et de son ami Gerardo dans les Éoliennes, à la recherche d'un coin tranquille) et "Les médecins" (les tribulations de Moretti entre les mains d'une armée de docteurs incapables de diagnostiquer son mal)... |
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| Moi, Nanni Moretti,
ma vespa, mon cinéma, ma mère, ma barbe, mon amour de
Rome... pourquoi ce qui horripile aussi facilement chez
d'autres trouve-t-il grâce à nos yeux chez lui? Sans
doute parce que c'est justement cet ego démesuré
jusqu'au grotesque le plus drôle qui séduit. Le comique
en devient finalement attachant et réussit à trancher
d'avec la grisaille d'un cinéma italien perdu dans des
combats esthétiques d'un autre âge et une théorie de
la communauté obsolète : à force de vouloir parler à
tout le monde, on finit toujours par ne plus rien
évoquer à personne. Cette complaisance envers soi est
finalement le meilleur moyen de continuer un cinéma
militant, à propos duquel il faut rappeler qu'il a
toujours eu recours à des figures emblématiques pour
exister et véhiculer ses idéaux. Moretti, en existant
jusqu'à l'outrance, fait exister sa génération, avec
ou sans son consentement. C'est cette liberté de
manoeuvre, associée à un socialisme de la personne,
plutôt qu'à un socialisme de l'embrigadement, qui
penche en faveur des caprices du cinéaste. Après ça, il peut toujours continuer à trottiner sur sa vespa... |
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| 22h20 LA SECONDA VOLTA Film italien de Mimmo Calopresti (1996-1h20mn) - VOSTF Scénario : Heidrun Schleef, Francesco Bruni, Mimmo Calopresti Avec : Nanni Moretti (Alberto Sajevo), Valeria Bruni Tedeschi (Lisa Venturi), Valeria Milillo (Francesca), Roberto de Francesco (Enrico), Marina Confalone (Adele) Photographie : Alessandro Pesci Musique : Franco Piersanti Montage : Claudio Cormio Coproduction : ARTE France Cinéma, Banfilm, Sacher Films LA SEPT ARTE / ARD Prix Solinas 1994 du meilleur scénario Alberto Sajevo, la quarantaine, est professeur à Turin. Il croise dans la rue celle qui, douze ans auparavant, a tenté de le tuer. Lisa Venturi, qui a refoulé son passé de membre des Brigades rouges et de terroriste, ne reconnaît pas sa victime. Alberto l'observe et prend contact avec elle. Ils se revoient. Il feint de croire qu'elle est la simple employée qu'elle prétend être, tout en sachant qu'elle rentre chaque soir purger sa peine en prison. Afin de se libérer des questions qui l'obsèdent, Alberto poursuit Lisa... |
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| Incroyable, un film laconique interprété par Nanni Moretti! C'est la preuve que son activité de producteur au sein de sa compagnie, la Sacher film, n'est pas pour lui l'occasion d'exercer une forme d'autocratie. En permettant à Mimmo Calopresti de réaliser son premier film, il n'a pas cherché pour autant à imposer son personnage fétiche, Michele le grognon hâbleur. C'est au contraire un film très retenu qui sonde les moments sombres de l'Italie des années 1970. On y fait ressurgir le spectre du terrorisme, tout en n'en retenant que les blessures sourdes et perpétuelles, les mots ayant depuis longtemps perdu toute signification. Ne reste qu'une douleur peu palpable, mais dangereusement présente, à l'image de cette balle dans la tête du personnage de Nanni Moretti. Un bout de métal témoignant d'une violence qu'il n'a aucun moyen de chasser puisqu'elle gît en lui, et dont il ne peut même plus expliquer les raisons. | |
| 00h05 CINEMA DE POCHE : DE SANTIS ET MORETTI CITOYENS ET CINEASTES Documentaire d'Andrea Martini (France, 1996-54mn) Sur une idée d'Hélène Mochiri LA SEPT ARTE Après onze films - dont quelques immenses succès tels que Riz amer -, l'Italie a tout bonnement rejeté Giuseppe De Santis. En quelques années, la réduction des aides (publiques et privées) et surtout l'hostilité de la gauche italienne l'ont marginalisé. On lui reprochait un discours sans tabous, traitant à la fois de la sexualité et des injustices sociales : "Pendant des années, on m'a appelé 'Marx et cul'..." Privé de plateau, il s'est tourné vers la Yougoslavie et l'URSS. Faute impardonnable ! "Même quand j'ai essayé de faire simplement des films d'amour, ils arrivaient toujours à voir derrière un De Santis au poing fermé qui défiait la société de façon subversive !" Mais il ne regrette pas son engagement. "Souvent, quand je vois les films des jeunes, j'ai l'impression qu'ils ne parlent que d'eux-mêmes, qu'ils font un cinéma 'privé'. C'est un cinéma de mots, de bavardages, alors qu'avant on faisait des images fortes..." Vingt ans plus tard et à sa manière, Nanni Moretti (Palombella rossa, Journal intime) réalise une forme inédite d'intervention politique. Proche des communistes, il s'est autorisé toutes les libertés pour présenter la confusion qui régnait au PCI dans les années 80. "Me mettre devant la caméra comme un acteur, parler de mon monde politique, social, de ma génération, en parler en me moquant de moi-même, cela revient à critiquer plus mes amis que mes ennemis..." Une liberté qui agace, et pas seulement dans les appareils politiques. Filmé sur le tournage de La Seconda Volta, dont il est l'acteur et le producteur, Nanni Moretti nous offre ici l'entretien le plus long et le plus précis qu'il ait jamais accordé à une chaîne de télévision. |
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| Bien qu'antagonistes dans leur démarche, Giuseppe de Santis et Nanni Moretti conservent une importance égale au sein de l'historique du cinéma italien. Ils ont en effet tous deux cherché à maintenir coûte que coûte leur statut de ronchonneurs libres et peu conciliants. L'amoncellement des critiques faites à leur égard résulte d'une même démarche frondeuse car, quelle que soit l'époque, il persiste des conventions pénibles et restrictives. Choisir de passer outre génère fatalement une somme incalculable de conflits et de rivalités. Qu'il s'agisse du cinéma italien du néoréalisme intransigeant des années 1950 (concernant de Santis) ou celui, plus contemporain, de la sublimation de l'ego mal en point (celui de Moretti et de ses pairs), le combat reste le même. Du cinéma de la force des images à celui des mots fielleux, on aura toujours affaire soit à des consensuels, soit à des francs-tireurs, avec ce que cela comporte de débordements. Ce documentaire n'est donc pas une rencontre entre les deux hommes mais plutôt une manière d'établir un parallèle à leur parcour. Et l'on pourra clairement constater que leurs prises de positions, à l'esthétique contradictoire, sont finalement très semblables dans l'esprit. | |
| http://studwww.eurecom.fr/~giorcell/Nanni/nanni.html Un site rien moins que trilingue sur le bougon Nanni! comme il n'y en a pas tant (certes Nanni est moins "rock'n'roll" que Quentin Tarentino), c'est tout naturellement qu'on peut l'élire site de référence! En prime, l'adresse directe du cinéma de Nanni, ainsi que celle de sa deuxième maison, la Sacher film. |
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