21.50

OUT IN THE STREETS
Une histoire du streetwear

    Documentaire allemand de Rolf S. Wolkenstein (1996-35mn)

Les plus fameux rappers et danseurs de New York racontent la naissance du streetwear.

Le streetwear, c'est une façon de s'habiller qui est née au milieu des années 70 dans les quartiers pauvres de New York et qui est considérée aujourd'hui comme l'une des grandes tendances de la mode. Pour les jeunes des ghettos, en majorité des Noirs ou des hispaniques, la manière de s'habiller a toujours été l'une des rares possibilités de manifester son individualité et son style personnel. Et comme l'on ne pouvait pas se payer des vêtements chers, il fallait faire avec le peu dont on disposait. L'important ce n'était pas ce que l'on portait, mais la manière dont on le portait.

  Fab Five Freddy, animateur de l'émission musicale "Yo MTV Raps", et le rappeur KRS One racontent comment est né et s'est développé le streetwear, des gangs des ghettos dans les années 70 à la culture hip-hop, jusqu'au "baggy style", adapté des vêtements de prisonniers.
 
Fab 5 Freddy
Photo extraite du film






Photo extraite du film

FAB 5 FREDDY : être « stylé »

"One of the things that determines « cool » is being different. And when you first see
something, most people react like : « mmh, what is he doing ? ». But then, if the guy is strong, if the person has a strong character, people would be like : « hmm, I start to notice that». And then they wanna be like « hmm, I wanna wear that too ». You know, cause it's cool and different. And then, it becomes the style. That's how you carry it off."

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Version Française

"Pour être « stylé », il faut être différent. Lorsqu'ils voient une chose pour la première fois, la plupart des gens disent « hum, qu'est-ce qu'il fabrique? ». Mais ensuite, si le type a une forte personnalité, la réaction sera « hum, je prends note ». Et puis cela deviendra « hum, je veux porter cela moi aussi ». Vous voyez, parce que c'est stylé et différent. Alors cela devient un style. C'est comme cela que vous le lancez."

 
Le baggy style
Photo extraite du film

FAB 5 FREDDY Le baggy style

"The baggy style didn't come until relatively recently, in the early nineties. Unfortunately, a lot of the best and the brightest from urban communities go to jail. These people still have their sense of style. It's not about money, it's about how you wear what you have. And in jail because you don't have no belt, because you don't have no shoelace, you still wanna look cool. So, what happened was, guys you know, their pants would naturally sack down. So your underwear would be shown and that was a very big status symbol. And you was like, yo, what's up? you know what I mean? I was in...how was the style, let your pants sacked, that was the jailhouse style."

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Version Française

"Le style « flottant » a pris assez récemment, au début des années 90. Dans les communautés urbaines, un bon nombre des meilleurs va malheureusement en prison. Ces gars gardent malgré tout le goût du style. Il ne s'agit pas d'argent mais de la façon dont vous portez ce que vous avez. En prison, même sans ceinture et sans lacets, vous voulez toujours être élégant. Et ce qui s'est passé pour ces gars, vous savez, leur pantalons tombaient. On voyait vos sous-vêtements et c'était hautement symbolique. Et c'était du genre: Salut, quoi de neuf? Euh, je sors de... Laisser vos pantalons tombants, cela donnait le style prison."

  Fable et Ken Swift, deux breakdancers du légendaire "Rock Steady Crew", nous initient à l'art des combinaisons réussies et des vêtements soignés
 
Fable
Photo extraite du film






Clip Rock Steady Crew Photo extraite du film

FABLE

"What started to happen was that brothers used to wear sweatshirts and have letters put on that represented their groups, the crews and the individual names. (...) and you saw a lot of breakers following the footsteps of the fashion that some of the gang members had set. But then, they took it to the next level. The whole thing was, who had the most original flavour. The graffiti writers started to do pieces on their Lee-jackets. (...) Not stone-washed, original hard denim-jackets. And it became a matter of who had the nicest piece. And that also started to become competitive."

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Version Française

"Les bandes portaient des sweatshirts avec les lettres identifiant leur groupe, les individus, etc. (...), et les break-dancers ont suivi la mode que les gangs avaient lancée. Puis, ils sont allés plus loin. Ce qu'il fallait, c'était avoir le truc le plus original. Les graffiteurs ont commencé par peindre leurs vestes en jean Lee.(...) Pas les délavées, mais les hard-denim originales. Puis la question est devenue de savoir celui qui avait la plus belle. La compétition a commencé."

  Run DMC, qui a contribué à la gloire du hip-hop et de son style de vêtements dans les années 80, explique pourquoi les baskets sont les seules vraies chaussures et pourquoi les lacets sont parfaitement superflus...
 
DMC
Photo extraite du film






Clip Run DMC
Photo extraite du film
DMC

"We didn't dress with stage clothes, we wore what was in the house. So the crowd could relate to that, more so than me putting on a whole bunch of glitter stuff and singing and they're like, wow, that guy is really far from me. It was, you know, one could communicate with me.

We did what, you know, the homeboy in the hood felt. So when they've seen us, they've seen themselves. We did what you wanna do. We just came out and expressed what was in us."

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Version Française

"Nous ne portions pas des habits de scène mais ce que nous avions à la maison. Le public a pu apprécier, bien plus que que si j'avais chanté vêtu de paillettes, ce qui aurait créé une distance, alors que là, n'importe qui pouvait m'approcher.

Nous étions en phase avec les mômes du coin. Alors quand ils nous ont vus, ils se sont vus. Nous sommes juste sortis du lot pour exprimer ce qui était en nous."

  DELTA, « subway artist », s'exprime en couleurs sur les murs des souterrains de métro. Les graffitis n'y sont pas toujours les bienvenus et la mode des capuches n'est pas étrangère au jeu de cache cache qui se trame dans les rames...
 
DELTA
Photo extraite du film






Photo extraite du film
DELTA

"I was just wearing subway-gear, which was just a « hoodie », Lee-jeans and « adidas ». The hoodies were always to disguise ourselves, after we finished a piece and came out of the tunnel and look like transients, you know, like I don't wanna fuck with this guy, he is... leave him alone. Meanwhile we're hiding from the police, from other graffiti-writers, it got to a point where everybody started using a hoodie. You know, just to be down. And plus, in the night time, you get cold, you put a hoodie on, if it gets real cold you put on the top and you're cool. And the shell-tops were just like, you know, we used to run a lot in the trains, and they were rubber. And we would touch the third rail and we never got electricuted."

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Version Française

"Je portais des fringues de « souterrain », ce qui se résumait simplement à un sweat-capuche, une paire de Lee et des adidas. Les capuches, c'était toujours pour nous camoufler à la sortie du tunnel, lorsque nous avions fini de peindre, pour avoir l'air de passagers qu'il ne faut pas emmerder. C'était aussi pour se cacher de la police et des autres graffiteurs. Au point que tout le monde portait une capuche. Et puis la nuit, lorsque vous avez vraiment froid, vous êtes mieux en capuche. Et, le caoutchouc sous les baskets, pour nous qui courrions beaucoup sur les voies, permettait de ne pas être électrocuté en touchant le troisième rail."

  « Une fois encore», conclut Fab 5 Freddy, «ce qui est important dans la streetfashion, c'est le prix, qui doit être accessible à tous, et vous, qui devez être le premier à porter tel vêtement. C'est ce qui est cool. La façon dont vous marchez, dont vous parlez, la manière de porter votre chapeau...vous savez...c'est ça le style. »
   
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