






















Pour approfondir le sujet et en apprendre plus sur la légende des Nibelungen et son fondement historique, mais surtout pour vous aider à vous repérer dans notre jeu de la quête de Siegfried, voici quelques informations complémentaires :
La
légende des Nibelungen
Les
Burgondes
La
forge
LA LEGENDE DES NIBELUNGEN
Dans " la mort de Siegfried " et " la vengeance de Kriemhild ", Fritz Lang met en scène un mythe fondateur de l'Allemagne. Il adopte toutefois une démarche différente de celles des premiers romantiques allemands ou de Wagner, dans la mesure où il choisit de fonder son scénario sur la " Chanson des Nibelungen ", et non de recomposer la légende à partir de ses multiples sources.
La " Chanson des Nibelungen " est un poème épique en haut moyen-allemand, composé peu après 1200 en Autriche, par un auteur anonyme, qui a mêlé mythologie scandinave et germanique à des éléments empruntés à l'histoire du royaume des Burgondes. Des thèmes identiques ont inspiré de nombreux autres textes, parmi lesquels figurent les chants de l'Edda et l'épopée islandaise Volsunga Saga (Saga des Volsungs), mais tous ces textes présentent des versions très différentes de l'histoire des Nibelungen. La " Chanson des Nibelungen " fait, quant à elle, davantage ressortir le matériau historique que la mythologie et la cosmogonie germano-scandinave.
Bien que les événements et les personnages de la Chanson des Nibelungen soient inspirés d'une histoire plus ancienne, ils ont été transposés dans un univers courtois et dans un cadre géographique reconnaissable. Son souffle épique puissant en fait l'une des plus grandes épopées allemandes du Moyen-Age, l'équivalent outre Rhin de notre " Chanson de Roland " ou de " Tristan et Yseult ".
Voici un résumé de la première partie de la geste de Siegfried :
Au royaume de Néerlande vivait Siegfried, jeune et beau chevalier, fils du roi Siegmund et de la reine Sieglinde. Siegfried était un puissant guerrier admiré de tous, et bien des dames en son royaume lui accordaient leurs faveurs sans hésiter.
Dans un riche royaume voisin, celui des Burgondes, grandissait Kriemhild, sœur du roi Gunther. Sa beauté était grande, et beaucoup de chevaliers rêvaient de l'approcher, mais elle se refusait à céder aux joies de l'amour, pressentant que trop de souffrances seraient liées à son bonheur. Ainsi, tous ses prétendants se virent éconduits.
Siegfried, attiré par cette renommée, décida de partir chez les Burgondes, dans la cité de Worms-sur-le Rhin, pour courtiser Kriemhild, et gagner son amour de gré ou de force.
Avant son départ, le preux émit le souhait de se munir d'une arme puissante, et alla donc trouver le forgeron de son père, Mime, pour qu'il lui enseigne le secret de la forge. Tout en réalisant la meilleure des lames, Mime confia à Siegfried un secret : " Dans la forêt, sur la route de Worms, se cache un dragon nommé Fafnir. Si un chevalier parvenait à le tuer et à se baigner dans son sang, sa peau deviendrait dure comme la corne. Il n'aurait plus à craindre les coups d'épées ou de lances, et serait invincible !"
Sa nouvelle épée au côté, Siegfried envoya donc un message au roi des Burgondes pour le prévenir de son départ, et pris la route à son tour. Pour parvenir jusqu'à Worms, capitale des Burgondes, Siegfried devait traverser une forêt profonde. Fafnir le dragon y régnait. Sa force et son appétit étaient grands, et nul homme n'avait pu en triompher. Fort des conseils de Mime, Siegfried terrassa la bête par la force et la ruse. Comme le lui avait appris le forgeron de Néerlande, le sang de Fafnir avait des vertus fabuleuses. Siegfried s'y baigna, et sa peau devint telle un bouclier impénétrable. Il ne craindrait plus les épées ni les lances. Mais, à son insu, une feuille tomba sur son dos, laissant vulnérable cette partie de son corps que le sang n'avait pas touché.
Siegfried parvint bientôt au mystérieux pays des Nibelungen. Il y fut assailli par une force invisible, le nain Alberich. Celui-ci, vaincu par Siegfried, lui céda sa cape magique, la Tarnkappe. Elle permettait à celui qui la portait de décupler ses forces et de devenir invisible. Alberich était en fait le gardien du fabuleux trésor des Nibelungen, et, comme Siegfried lui laissait la vie sauve, il lui proposa une partie de ces richesses, dont la célèbre épée Balmung.
Siegfried parvint enfin à Worms, au château de Kriemhild, celle qu'il avait choisie entre toutes pour devenir sa bien-aimée. Le roi Gunther, prévenu par message, se réjouit de l'arrivée du héros de Néerlande. Il envoya son lieutenant, Hagen, à la rencontre de Siegfried. Mais Hagen était secrètement allié aux rois des Nibelungen et courtisait en outre Kriemhild de son côté aussi… Il vit donc en Siegfried un concurrent et décida de le provoquer. Siegfried, déjà rendu invincible par son bain dans le sang de Fafnir, portait l'épée magique Balmung et la Tarnkappe. Il triompha ainsi sans peine du puissant guerrier Hagen.
Pour honorer le visiteur après ce combat, le roi des Burgondes pria la belle Kriemhild de venir le saluer. Cette rencontre exalta les deux jeunes gens, et les jours suivants Siegfried put courtiser la belle. Fort de son sentiment, il osa bientôt demander à Gunther la main de sa sœur. Hagen déclara qu'il lui faudrait pour cela aider Gunther à conquérir Brunhild, reine d'Islande, ce qui fut entendu et décidé
La compagnie prit donc bientôt la mer pour gagner ce royaume d'eau et de feu. Brunhild avait promis sa main à qui parviendrait à la vaincre dans une série d'épreuves. Gunther comptait sur les pouvoirs de Siegfried pour l'emporter.
La première épreuve était le jet d'une énorme pierre, et Brunhild était d'une force redoutable. Gunther tremblait : s'il échouait, lui et ses compagnons devaient mourir. Siegfried revêtu de la cape était invisible et avait la force de dix hommes. Il aida Gunther a surpasser Brunhild. Il fallut ensuite s'affronter à la lance. Encore une fois invisible, c'est Siegfrid qui frappa à la place du roi burgonde, et son coup fut si puissant que Brunhild fut terrassée. Elle dut donc se résoudre à s'avouer vaincue et à reconnaître en Gunther son époux légitime…
Le retour à Worms donna lieu à une fête gigantesque. Seule Brunhild regrettait son royaume lointain. Et on célébra les mariages de Gunther et Brunhild, ainsi que de Siegfried et Kriemhild.
Pour
connaître la conclusion de la saga de Siegfried, qui semble avoir triomphé
en tout à son retour d'Islande, retrouvez les deux films de Fritz Lang dans
les soirées Théma des 13 et 15 février 2001…
La
légende des Nibelungen
Les
Burgondes
La
forge
LES BURGONDES
Peuple barbare, installé en Gaule et ayant donné son nom à la Bourgogne. Originaires de Scandinavie, les Burgondes émigrent vers la Gaule et la Germanie au Bas-Empire romain. Au début du Ve siècle, lors de la grande vague d'invasion ostrogothe et vandale, ils cherchent à étendre leur domination mais sont battus par le général Aetius en 436. Les Romains leur accordent un foedus en 443, traité qui les confine dans l'actuelle Savoie. De là, ils étendent leur sphère d'influence jusqu'à Langres, Dijon et Die, puis s'implantent à Lyon, l'ancienne capitale des Gaules.
Entre 650 et 700 environ, à mesure que s'épuise le système de l'esclavage, se développent en Burgondie des manses, taillées dans les anciennes villae. Il s'agit de concessions faites à des paysans libres, ou affranchis en échange de services - dont l'exploitation de la réserve conservée par le propriétaire. La Burgondie, comme les autres royaumes francs, connaît alors une féodalisation des structures économiques et agricoles qui coïncide avec la disparition de la culture latine.
Le règne de Clotaire II correspond à la fin d'une civilisation spécifiquement burgonde, même si l'espace investi par ces barbares résiste politiquement jusqu'au XVe siècle. Le nom de Bourgogne, attribué ensuite au territoire, traduit le souvenir puissant laissé par les envahisseurs du Ve siècle.
Malgré l'existence avérée de ce peuple, on ne trouve pas trace, dans la généalogie de leurs rois et seigneurs, des personnages de la légendes des Nibelungen.
La
légende des Nibelungen
Les
Burgondes
La
forge
LA FORGE
La confection d'un bonne épée était une œuvre de longue haleine, et les forgerons souvent considérés comme des magiciens d'une espèce un peu à part.
Voici la " recette " de Wieland, le forgeron mythique de l'Edda :
Tout d'abord, forger plusieurs bandes d'acier de la longueur et largeur désirée ; les forger ensemble pour former l'âme de l'épée, relativement souple. Réduire ensuite en limaille un acier normal, et le mêler à des graines que l'on donne à manger aux volailles. Cette limaille enrichie fournit les tranchants de la lame. Forger le tout ensemble ; monter la poignée et la garde. Enfin, affûter les tranchants.