Burning Spear
Loin du sea, sex
and sun, avec Burning Spear, le reggae est fier de ses racines: rasta
forever!
C'est l'un des
plus vieux lions jamaicains. A 52 ans, dont trente en chansons, Burning
spear est l'un des derniers gardiens de la flamme des sixties, celle
du ska et du rocksteady qui avait nourri Bob Marley et l'explosion reggae.
A la fin des années
60, le jeune Winston Rodney flânant aux alentours des studios
de Kingston ne se doute pourtant pas un seul instant, qu'il s'apprête
à entrer dans la légende rouge jaune et verte du reggae
Burning Spear
Je savais que je construisais quelque chose et que c'était
un travail de longue haleine.
Les choses mettent toujours du temps à se mettre en route.
Le côté international de notre musique est incarné
par des gens comme Bob Marley ou Jimmy Cliff et beaucoup d'autres
ambassadeurs du reggae.
Depuis son premier
album en 69, l'homme a enregistré plus d'une trentaine de galettes
de vinyl, dont une bonne partie de classiques du reggae, dans une veine
roots et rasta.
A l'origine de l'inspiration du jeune Burning Spear, un nom de légende:
Bob Marley en personne qui lui conseille de tenter sa chance.
Burning Spear
Bob, Bob Marley était déjà là avant que
je commence. Il était de la paroisse de Sainte Anne, comme
moi, et c'est là que je l'avais rencontré. On parlait
de musique, des racines, de notre culture, de Rastafari et tout ça.
Et quand j'ai demandé à Bob comment démarrer
dans le métier, il m'a parlé de Studio One et m'a dit
d'aller les voir.
Studio One, c'est
le label de Clement Coxsone Dodd, l'un des plus grand producteur du
reggae des sixties. La grande porte pour le jeune Burning Spear.
Burning Spear
Coxsone, c'était un peu comme une école pour nous tous.
On apprenait énormément de choses sur le plan musical,
là-bas. Mais quoiqu'on fasse pour Studio One, on n'était
jamais vraiment payé, et on devait se débrouiller tout
seul, mais on s'en fichait et on
s'en fichait et on continuait de trainer là à faire
ce qu'on devait faire. C'est comme ça qu'on est devenu internationaux
aujourd'hui!
Burning Spear développe
son propre style, truffé de réferences aux plus grandes
icones du Black Power, comme Malcolm X, Martin Luther King ou encore
le jamaicain Marcus Garvey, premier prophête de la revolution
noire dans les années vingt.
Burning Spear
Marcus Garvey c'est un personnage trés important, né
en Jamaïque, mais de coeur africain, Marcus Garvey est un homme
qui avait des projets, un but, une vision. Il voulait créer
un gouvernement noir, une économie noire, un modèle
de développement noir. Marcus Garvey est un homme qui compte,
un homme vraiment essentiel.
Marcus Garvey avait
annoncé le couronnement d'un roi noir, qui annonçait la
délivrance. Quand Hailié Sélassié, proclamé
empereur d'Ethiopie par le Negus en 1930, débarque à Kingston
en 66, plus de cinquante mille rastas jamaïcains l'accueuillent
en sauveur. Pour eux, il est l'incarnation du pouvoir noir, et l'espérance
de la terre promise.
Malgré son assassinat en 1975, sa mémoire reste intacte
dans le coeur de tous les rastas.
Burning Spear
Sa majesté Hailié Saillassié est mon sauveur,
il est ma vie, mon redempteur. Il est mon gardien. C'est le roi des
rois, le Lion conquérant des tribus de Judée. Il n'y
en a pas d'autre et pas d'autre chemin pour moi. Sa majesté
est mon sauveur .
Roots, conscious
mais surtout rasta, celui qui avait pris son surnom,
"javelot brûlant" d'un héros de l'indépendance
Kenyane, n'a pas fini sa
course.
Lien
http://home.earthlink.net/~tiorted/