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    11 février 2000

Burning Spear

Loin du sea, sex and sun, avec Burning Spear, le reggae est fier de ses racines: rasta forever!

C'est l'un des plus vieux lions jamaicains. A 52 ans, dont trente en chansons, Burning spear est l'un des derniers gardiens de la flamme des sixties, celle du ska et du rocksteady qui avait nourri Bob Marley et l'explosion reggae.

A la fin des années 60, le jeune Winston Rodney flânant aux alentours des studios de Kingston ne se doute pourtant pas un seul instant, qu'il s'apprête à entrer dans la légende rouge jaune et verte du reggae

Burning Spear
Je savais que je construisais quelque chose et que c'était un travail de longue haleine.
Les choses mettent toujours du temps à se mettre en route.
Le côté international de notre musique est incarné par des gens comme Bob Marley ou Jimmy Cliff et beaucoup d'autres ambassadeurs du reggae.

Depuis son premier album en 69, l'homme a enregistré plus d'une trentaine de galettes de vinyl, dont une bonne partie de classiques du reggae, dans une veine roots et rasta.
A l'origine de l'inspiration du jeune Burning Spear, un nom de légende: Bob Marley en personne qui lui conseille de tenter sa chance.

Burning Spear
Bob, Bob Marley était déjà là avant que je commence. Il était de la paroisse de Sainte Anne, comme moi, et c'est là que je l'avais rencontré. On parlait de musique, des racines, de notre culture, de Rastafari et tout ça. Et quand j'ai demandé à Bob comment démarrer dans le métier, il m'a parlé de Studio One et m'a dit d'aller les voir.

Studio One, c'est le label de Clement Coxsone Dodd, l'un des plus grand producteur du reggae des sixties. La grande porte pour le jeune Burning Spear.

Burning Spear
Coxsone, c'était un peu comme une école pour nous tous. On apprenait énormément de choses sur le plan musical, là-bas. Mais quoiqu'on fasse pour Studio One, on n'était jamais vraiment payé, et on devait se débrouiller tout seul, mais on s'en fichait et on
s'en fichait et on continuait de trainer là à faire ce qu'on devait faire. C'est comme ça qu'on est devenu internationaux aujourd'hui!

Burning Spear développe son propre style, truffé de réferences aux plus grandes icones du Black Power, comme Malcolm X, Martin Luther King ou encore le jamaicain Marcus Garvey, premier prophête de la revolution noire dans les années vingt.

Burning Spear
Marcus Garvey c'est un personnage trés important, né en Jamaïque, mais de coeur africain, Marcus Garvey est un homme qui avait des projets, un but, une vision. Il voulait créer un gouvernement noir, une économie noire, un modèle de développement noir. Marcus Garvey est un homme qui compte, un homme vraiment essentiel.

Marcus Garvey avait annoncé le couronnement d'un roi noir, qui annonçait la délivrance. Quand Hailié Sélassié, proclamé empereur d'Ethiopie par le Negus en 1930, débarque à Kingston en 66, plus de cinquante mille rastas jamaïcains l'accueuillent en sauveur. Pour eux, il est l'incarnation du pouvoir noir, et l'espérance de la terre promise.
Malgré son assassinat en 1975, sa mémoire reste intacte dans le coeur de tous les rastas.

Burning Spear
Sa majesté Hailié Saillassié est mon sauveur, il est ma vie, mon redempteur. Il est mon gardien. C'est le roi des rois, le Lion conquérant des tribus de Judée. Il n'y en a pas d'autre et pas d'autre chemin pour moi. Sa majesté est mon sauveur .

Roots, conscious mais surtout rasta, celui qui avait pris son surnom,
"javelot brûlant" d'un héros de l'indépendance Kenyane, n'a pas fini sa
course.

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