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    12 mai 2000

Blaxploitation

Pas de Jackie Brown ou de ciné Gangsta, sans la révolution blaxploitation. Dans les années 20, les représentations des noirs américains à l'image tournaient toujours autour d'un même jeu de stéréotypes : black boys band swinguant aux sourires de vrp.
De la préhistoire. Aujourd'hui, des films de gangsta aux icones rap, le noir américain est devenu sexy, tendance, rebelle.

Entre ces deux épisodes, la blaxploitation, un genre cinématographique auquel rend hommage Old Dirty Bastar dans son dernier clip: " Old dirty bastard "

Aux origines : une vibration électrique et un sursaut communautaire. Le détonateur, un accord de guitare dont l'écho se prolongera sur les images d'un film mythique : " Shaft ".

Avec sa bande son, son scénario et son montage révolutionaires, "Sweet sweet back bad aassssong" fait l'effet d'une bombe.


Melvin Van Peebles

Melvin Van Peebles
Ce film-là à change tous les terrains de l'amerique, pas uniquement les films noirs mais les films indépendants parce que c'est un film indépendant et ça a gagné plus de fric qu'aucun film indépendant jusqu'à cette époque.

Un film avec des acteurs noirs qui rapporte le pactole, ça intéresse Hollywood.
Les Studios passent alors commande à de jeunes réalisateurs, souvent débutants, de dizaines de films se déroulant dans le downtown : des remakes cheap de blockbusters, du Parrain à James Bond, mais aussi films de Kung-fu et comédies truculentes. La plupart mixent scènes d'action et érotisme débridés. La Blaxploitation va alors inventer ses propres stars et madones du cinéma noir.

Jack Hill est l'une des figures cultes du genre. Ses deux films phares, "Coffy" et "Foxy Brown" ont été remis au goût du jour par Tarantino .

Jack Hill
En gros, les films étaient produits avec un budget minimum dans le but d'attirer un large public noir, et ce budget qu'ils parvenaient à équilibrer facilement leur permettait de faire de l'argent sur le film.

Hollywood fait alors appel à de jeunes réalisateurs noirs qui en profitent pour braver les interdits toujours en vigueur. Sex, drugs and funky sont alors les 3 ingrédients de base du genre. Un zeste d'exotisme en prime.

Avec "Coffy - la panthère noire", Jack Hill pose les bases d'une nouvelle identité noire, entre Superman et Max le Maquereau.

Jack Hill
C'est triste que ce soit fini. A l'époque il y avait un sentiment pour une résurgence de l'identité noire. C'était devenu un mode de vie. Ils parlaient du " black power ", on disait " black is beautiful " et c'était formidable, ils avaient leur manière de parler, de s'habiller et j'ai ressenti le besoin d'utiliser tout ça parce que c'etait fascinant et intéressant.

Autre figure emblématique de la blaxploitation, l'acteur Antonio Fargas. Passé à la postérité internationale avec son rôle de Huggy " les bons tuyaux " dans la célèbre série TV, Starsky et Hutch. Fargas a cumulé les rôles de second couteaux mémorables dans les films de cette période. Dont justement le Foxy Brown de Jack Hill dans lequel il incarne un dealer geignard et simulateur aux cotés de Pam Grier.

Aux débuts des années 70, la musique soul explose. Avec le festival Wattstax, la communauté noire crée son Woodstock. Une déferlante de stars de la musique africaine et américaine.

La Black attitude se confond alors avec ses nouveaux codes rythmiques et impose un nouveau tempo au cinéma américain. Les films de la Blaxploitation seront bien sur les premiers à intégrer ses sonorités funky avec des partitions originales signées par les plus grands artistes du moment, à l'instar de James Brown.

Petits polars urbains dopés à la violence et assaisonnés au hip hop, les films gansta, appelés également booty sont tournés à la va vite, comme leur modèle blaxploitation. Leur moteur, ce sont les rappers qui composent les bande-son et jouent les rôles de ces longs métrage. Parfois même comme Master P, ils se retrouvent derrière la caméra.

Aujourd'hui, la blaxploitation se recycle. John Singleton vient de terminer le remake de Shaft, avec Samuel Jackson. Plus qu'une reconnaissance, tout ça ressemble plutôt à une récupération. Pour le cinéma noir, le combat continue.

Infos et liens
http://perso.wanadoo.fr/blax/hq.htm
Un article sur la Blaxploitation
http://wwwusers.imaginet.fr/~cinevisi/pg_institut/themes/1-99/blaxploitation.html
http://www.soulcinema.com/
Une filmographie, des articles et des liens
http://www.blackflix.com/history.html
Site Melvin van Peebles
http://www.motorbooty.com/melvin/mvp.html

  © 1998 ARTE G.E.I.E