Blaxploitation
Pas de Jackie Brown
ou de ciné Gangsta, sans la révolution blaxploitation.
Dans les années
20, les représentations des noirs américains à
l'image tournaient toujours autour d'un même jeu de stéréotypes
: black boys band swinguant aux sourires de vrp.
De la préhistoire. Aujourd'hui, des films de gangsta aux icones
rap, le noir américain est devenu sexy, tendance, rebelle.
Entre ces deux épisodes,
la blaxploitation, un genre cinématographique auquel rend hommage
Old Dirty Bastar dans son dernier clip: " Old dirty bastard "
Aux origines : une
vibration électrique et un sursaut communautaire. Le détonateur,
un accord de guitare dont l'écho se prolongera sur les images
d'un film mythique : " Shaft ".
Avec sa bande son,
son scénario et son montage révolutionaires, "Sweet
sweet back bad aassssong" fait l'effet d'une bombe.

Melvin Van Peebles
Melvin Van
Peebles
Ce film-là à change tous les terrains de l'amerique,
pas uniquement les films noirs mais les films indépendants
parce que c'est un film indépendant et ça a gagné
plus de fric qu'aucun film indépendant jusqu'à cette
époque.
Un film avec des
acteurs noirs qui rapporte le pactole, ça intéresse Hollywood.
Les Studios passent alors commande à de jeunes réalisateurs,
souvent débutants, de dizaines de films se déroulant dans
le downtown : des remakes cheap de blockbusters, du Parrain à
James Bond, mais aussi films de Kung-fu et comédies truculentes.
La plupart mixent scènes d'action et érotisme débridés.
La Blaxploitation va alors inventer ses propres stars et madones du
cinéma noir.

Jack Hill
est l'une des figures cultes du genre. Ses deux films phares, "Coffy"
et "Foxy Brown" ont été remis au goût
du jour par Tarantino .
Jack Hill
En gros, les films étaient produits avec un budget minimum
dans le but d'attirer un large public noir, et ce budget qu'ils parvenaient
à équilibrer facilement leur permettait de faire de
l'argent sur le film.
Hollywood fait alors
appel à de jeunes réalisateurs noirs qui en profitent
pour braver les interdits toujours en vigueur. Sex, drugs and funky
sont alors les 3 ingrédients de base du genre. Un zeste d'exotisme
en prime.
Avec "Coffy
- la panthère noire", Jack Hill pose les bases d'une nouvelle
identité noire, entre Superman et Max le Maquereau.
Jack Hill
C'est triste que ce soit fini. A l'époque il y avait un sentiment
pour une résurgence de l'identité noire. C'était
devenu un mode de vie. Ils parlaient du " black power ",
on disait " black is beautiful " et c'était formidable,
ils avaient leur manière de parler, de s'habiller et j'ai ressenti
le besoin d'utiliser tout ça parce que c'etait fascinant et
intéressant.
Autre figure emblématique
de la blaxploitation, l'acteur Antonio Fargas. Passé à
la postérité internationale avec son rôle de Huggy
" les bons tuyaux " dans la célèbre série
TV, Starsky et Hutch. Fargas a cumulé les rôles de second
couteaux mémorables dans les films de cette période. Dont
justement le Foxy Brown de Jack Hill dans lequel il incarne un dealer
geignard et simulateur aux cotés de Pam Grier.
Aux débuts
des années 70, la musique soul explose. Avec le festival Wattstax,
la communauté noire crée son Woodstock. Une déferlante
de stars de la musique africaine et américaine.
La Black attitude
se confond alors avec ses nouveaux codes rythmiques et impose un nouveau
tempo au cinéma américain. Les films de la Blaxploitation
seront bien sur les premiers à intégrer ses sonorités
funky avec des partitions originales signées par les plus grands
artistes du moment, à l'instar de James Brown.
Petits polars urbains
dopés à la violence et assaisonnés au hip hop,
les films gansta, appelés également booty sont tournés
à la va vite, comme leur modèle blaxploitation. Leur moteur,
ce sont les rappers qui composent les bande-son et jouent les rôles
de ces longs métrage. Parfois même comme Master P, ils
se retrouvent derrière la caméra.
Aujourd'hui, la
blaxploitation se recycle. John Singleton vient de terminer le remake
de Shaft, avec Samuel Jackson. Plus qu'une reconnaissance, tout ça
ressemble plutôt à une récupération. Pour
le cinéma noir, le combat continue.
Infos et liens
http://perso.wanadoo.fr/blax/hq.htm
Un article sur la Blaxploitation
http://wwwusers.imaginet.fr/~cinevisi/pg_institut/themes/1-99/blaxploitation.html
http://www.soulcinema.com/
Une filmographie, des articles et des liens
http://www.blackflix.com/history.html
Site Melvin van Peebles
http://www.motorbooty.com/melvin/mvp.html