semaine du 20.07.2001

Neograff'
Il s'appelle HNT : une contraction d'"honnête". Pour ce graffitti-artist, la peinture des rues est un sacerdoce.
Redskin depuis sept ans, cet ex-tagueur qui a grandi dans la culture hip-hop et s'attaquait aux trains à ses débuts a fait évoluer son art au gré de ses expériences. Jusqu'à ce profil, devenu une marque de fabrique, qui recouvre aujourd'hui les murs de Paris.

HNT / Graffiti artist
Généralement sur mes peintures on colle pas mal de trucs, y'a des tags qui viennent derrière mais je m'en fous un peu, ça vit, ça fait partie de la rue mais le pen ça me plaît pas trop donc je préfère enlever. De toute façon les mecs qui collent les affiches c'est des connards ils pourraient coller ailleurs et ils collent en plein milieu. Le pinceau ça passe mieux c'est moins agressif, les gens s'arrêtent, regardent et ça ne les dérangent pas quand ils voient un pinceau. Dès que tu peins à la bombe ils se sentent agressés, ils appellent les flics directement. J'ai eu des petits problèmes avec la police donc ils m'ont pris en photo et mon tag est devenu une tête en fait. C'est passé d'un tag anonyme à un personnage connu et recherché. Généralement dans mon personnage, il y a toujours un petit logo qui est en haut à gauche. Les marteaux croisés c'est le signe de la classe ouvrière. Le logo devient une signature. Ce que j'aime aussi c'est de me faire de la pub, c'est marquer son nom, son territoire entre guillemets.

Pionniers du tag en France depuis le milieu des années 80, André est aujourd'hui reconnu jusqu'aux galeries d'art. Cette fois, un grand magasin parisien lui a donné carte blanche. Pour ce dandy du graf' qui signe les murs d'un énigmatique "Mister A", l'ère du tag est révolue.

André / Graffiti Artist
Un jour je passais aux halles et il y avait une femme qui était contre un mur et qui parlait toute seule et je me dis qu'est ce qui se passe et en fait elle était en train de parler à un monsieur A qui était dessiné sur le mur et elle était en grande discussion et là je me suis dit qu' il y avait vraiment une raison d'être. Quand je revoie mon dessin après l'avoir fait c'est comme un ami que je croise, ce qui fait que quand je me balade dans Paris je croise beaucoup d'amis. Qu'ils effacent beaucoup ça ne me gêne pas juste ça nous donne de nouveaux espaces pour peindre.
Une fois j'étais dans une rue j'ai fait un graffiti, il devait y avoir une voiture de flic garé un peu plus haut, j'étais habillé avec un costume, j'avais plutôt l'air d'un employé de banque plus qu'autre chose et ils sont sortis de la voiture en train de dire " où est passé ce taggeur on va l'attraper" etc et moi je passais devant eux, ils ne m'ont même pas calculé, pas une seconde ça ne pouvait être moi. Je crois que les gens qui font beaucoup de graffitis développent une petit dérangement mental, il y a une sorte de Dr Jekyl et Mr Hyde en moi et la nuit tombée il y a mon côté très très fou qui se met en route.

Zeus est le plus délirant de ces graffeurs nouvelle-vague. Son métier : chasseur d'ombres. Son atelier : la ville. Paris, New York ou Londres… Ses modèles: les panneaux de signalisation, les camions, et tous ceux que la nuit révèle, sans limite.

Zeus
J'habille les ombres, je ne les crées pas en fait, je viens juste les contourner. Il y a trois ans en marchant dans la rue j'ai eu envie comme ça de marquer un instant de la nuit pour le retrouver le matin, c'était un abribus, c'est comme ça que la première ombre à été tracée quoi.

Liens
Les tags, pochoirs de Paris
http://www.citeweb.net/lesmursmurs//leslistes.html
Voir aussi le site : graphes et pochoirs de Paris
http://perso.club-internet.fr/cecilia8/index.html